3 Billboards : le western sauce moderne

Après des mois sans que l’enquête de la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main. Elle décide d’afficher un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville.

 

Martin McDonagh revient après Bons baisers de Bruges et Sept Psychopathes (à voir sur Netflix) avec une écriture toujours aussi virevoltante. À la fois derrière le scénario et la caméra on retrouve dans 3 Billboards : les panneaux de la vengeance son intérêt pour le théâtre avec notamment des références à Wilde et Shakespeare.

Frances McDormand nous en met simplement plein les yeux et les oreilles dans la peau de Mildred, comme si elles n’étaient finalement qu’une seule et unique personne. C’est une obstinée, une courageuse, une mère endeuillée réclamant justice mais aussi remplie d’un humour noir qui fait mouche. Certains échanges avec le flic raté incarné par le brillant Sam Rockwell font d’ailleurs rire une salle entière.

La violence côtoie sans cesse l’humour, toujours sur le fil du rasoir mais avec une justesse qui ne laisse aucune place à la gêne. Le réalisateur provoque en mettant en lumière le racisme et l’homophobie de l’Amérique profonde mais s’en sort grâce à ses farces et son écriture pleine de sens.

 

 

Le plus grand retournement de situation concerne le personnage de Sam Rockwell, sûrement le flic le plus wtf qu’on ait pu voir sur grand écran, une espèce d’abruti vivant encore chez maman à 30 ans et des poussières. Détestable au début, pathétique et drôle presque durant tout le film et on se prend soudain d’affection pour cet homme complètement paumé. L’interprétation de Rockwell est impeccable, exercice pourtant périlleux avec ce genre de personnage, cela lui a valu de rafler tous les prix jusqu’à présent et reste le favori pour décrocher l’Oscar du meilleur second rôle masculin.

 

 

Visuellement, la caméra nous offre des plans d’une beauté toute en simplicité accompagnée par les musiques toujours aussi uniques et touchantes du grand Carter Burwell.

On ne peut s’empêcher de penser aux talentueux frères Coen avec cet humour et cette atmosphère si particulière, sorte de western des temps modernes où chacun fait régner sa loi sans qu’une sentence ne tombe forcément. Chaque personnage est terriblement coriace, à l’image de Mildred qui ne se démonte pas un seul instant même après une agression. Une sorte de force de la nature qui va d’ailleurs peut être valoir à Frances McDormand l’Oscar de la meilleure actrice.
Au bout d’1h56 le film prend fin, on aurait pourtant bien aimé que la virée avec ces dingos se prolonge un peu plus.

 

Marie

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