A Ghost Story : une poésie qui hante

En septembre dernier, le Festival de Deauville mettait en lumière cet objet rare de David Lowery, reparti avec 3 récompenses dont le Prix du jury. On commençait alors à en entendre parler et à avoir (très) envie de le voir. Il fallait juste attendre Noël pour recevoir son cadeau.

 

M (Rooney Mara) et C (Casey Affleck) vivent dans une maison en banlieue. Suite à un accident, ce dernier revient auprès de sa compagne en deuil mais sous la forme d’un fantôme recouvert d’un drap blanc. Dans ce nouvel état spectral, le temps n’est plus le même. Il assiste à tous les changements se succédant dans cette maison et réalise une sorte de voyage initiatique à travers les siècles et les souvenirs.

A Ghost Story brille par sa simplicité, filmé en 4 :3, ce format à lui tout seul nous évoque déjà l’essence même du cinéma, les souvenirs de ces films d’avant datant du siècle dernier.
On se retrouve ici plongé dans l’intimité de cette maison, au sein de ce jeune couple sublimé par le duo d’acteurs. Très vite on comprend qu’elle veut déménager, lui non, il est attaché à cette maison et à son histoire. Malgré sa mort, il n’en partira pas, il revient pour elle, assiste à cette solitude impuissant dans laquelle il se trouve lui aussi.

Le temps continue de s’écouler, d’autres locataires prennent sa place puis s’en vont, le fantôme demeure toujours et la caméra ne le quitte pas.
La beauté réside dans les silences, les plans séquences métaphoriques qui en disent long et la déambulation de ce fantôme soulevant des questionnements de taille.                                      La justesse du scénario de Lowery est telle que rien n’est remis en question par le spectateur, on se retrouve juste fasciné par cet être dont on en oublie même parfois la présence.

Le futur, le passé, le présent, tout se mêle et tout est lié, les ellipses temporelles viennent nous faire revivre des événements passés en lien avec l’histoire de la maison, le temps qui passe, l’empreinte et les mémoires que chacun est susceptible de laisser.
A Ghost Story serait comme une vhs trouvée dévoilant un récit mélancolique bouleversant dont on aimerait écouter la musique renversante de douceur un peu chaque nuit dans ses rêves. Le morceau « I get overwhelmed » de The Dark rooms est d’une beauté fracassante, la dernière goutte de cet océan d’émotions et de rêveries qui nous emporte, nous simples mortels face à cet ovni cinématographique.

 

 

Marie

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