AfroPunk 2018 : le débrief

Le week-end dernier avait lieu au parc de la Vilette la cinquième édition française du festival AfroPunk. Initialement crée à Brooklyn sous impulsion de James Spooner et Matthew Morgan, le festival est une réponse directe au documentaire éponyme et subversif de 2003. Celui-ci avait pour objectif de mettre en lumière les noirs de la communauté de Punk, souvent marginalisés.

13 ans après, l’évènement comporte une dimension plus large. Il célèbre toujours la culture Punk, et noire dans une plus grande mesure, mais met également en avant les milieux urbains et alternatifs, qui ont du mal à se faire une réelle place dans les médias traditionnels. Face à ces éléments, il serait simple de croire que le festival s’adresse à une catégorie de personne particulière : là est l’erreur. AfroPunk c’est avant tout un appel à l’ouverture à l’autre et à l’acceptation de soi.

Les journées du 14 et 15 juillet auxquelles nous avons assisté nous l’ont prouvé. Deux jours où la flamboyance, l’extravagance, l’expression individuelle et l’ouverture d’esprit furent poussés à leur paroxysme. Deux jours où l’inclusion était le mot d’ordre.

 

Outre l’atmosphère particulière de ce rassemblement, la lineup alléchante faisait également partie du succès intégral de cette édition. Même si Shayna, rencontrée par hasard dans la queue menant au food truck New Soul Food nous a répondu en souriant lorsque nous avons mentionné notre déception face à l’annulation de Goldlink « Gold qui ? A vrai dire je ne connais quasiment personne de la lineup. Je suis venue car c’est vraiment un évènement spécial. J’habite au Royaume-Uni, mais l’édition française est beaucoup mieux donc j’ai fait le déplacement ! J’écoute de la musique électro en temps normal. » Ce n’était donc pas les têtes d’affiche qui l’avaient attirée, malgré leur grande qualité. Parmi elles, les chanteurs d’afro beat Davido et Mr Eazi (rajouté in extremis suite à l’annulation de Wizkid), Mahalia, SZA, qui se produisait pour la première fois en France, Gary Clark Junior et Damian Marley pour ne citer qu’eux.

Le week-end a également été ponctué par la diffusion de la finale de la coupe du monde qui opposait la France à la Croatie. La cohésion et l’euphorie qui régnaient dans le grand hall de la Vilette à la suite de la victoire des Bleus, a offert à ce moment un caractère inoubliable. Des étrangers venus des quatre coins du monde, célébraient avec les français présents la consécration de l’équipe nationale sous les rythmes déchaînés d’un DJ set plus qu’animé. En définitive, AfroPunk est un lieu accueillant où l’air durant ces deux jours semblait avoir été enveloppé par un duvet de bienveillance et d’enthousiasme.

 

Plus de 7000 personnes ont assisté à l’évènement, et pour vous donner envie pour l’édition suivante, voici 5 bonnes raisons d’y aller l’année prochaine :

  • Si vous avez toujours rêvé que des inconnus vous arrête pour vous complimenter ou vous prendre en photo, saisissez votre chance.
  • Les scènes étant couvertes, même s’il pleut des cordes vous êtes surs de rentabiliser vos billets.
  • En plus des artistes intéressants, les food trucks sont divins. (Si vous avez la patience de faire 30 minutes de queue, nous l’avons eue et on ne regrette pas !)
  • Ça sera probablement les seuls jours de l’année où vous pourrez vous habiller ou maquiller comme bon vous semble, et vous fondre dans la masse. A titre d’exemple, ce sont les personnes en jean converse qui sortaient du lot.
  • En réalité seul les prestations des artistes nécessitent un pass, le festival en lui-même est en accès libre. Alors même pour les budgets les plus serrés, vous pourrez tout de même enfiler vos meilleures tenues et y faire un tour.

 

KUVULA Eden.

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