Black Panther : politique, social, nécessaire.

Dix-huitième film de l’univers Marvel et premier avec un héros noir, les critiques et retours sont élogieux. Black Panther pulvérise le record d’entrées lors du week-end du Presidents Day. Si Deadpool, en 2016, avait engrangé 152 millions de dollars; Black Panther a atteint les 242,2 millions de dollars. Héros noirs, présence féminine magnifiée : au-delà de l’éternel blockbuster, le message porté est fort.

 

 

Sans vouloir spoiler quoi que ce soit, concentrons-nous sur le lieu de l’intrigue. Le Wakanda est un pays fictif, imaginé en 1966 par Stan Lee et Jack Kirby, en même temps que leur superhéros noir baptisé Black Panther. Contrée luxuriante, Wakanda illustre une Afrique jamais colonisée ni sollicitée et indépendante, et accueillant les réfugiés des nations plus pauvres. Pied-de-nez aux clichés, les réserves du territoire sont intactes. Le Wakanda recèlerait du vibranium, métal permettant de fabriquer des armes et des outils impressionnants. Rapidement, il s’agit d’un affrontement entre le prince T’Challa, alias Black Panther (Chadwick Boseman) et un autre héritier (Michael B. Jordan). Histoire classique maintes fois revisitée, le prince doit démontrer sa bravoure et sa capacité à régner en passant autre les complots et divers obstacles. Outre les paysages extraordinaires, l’autre véritable atout du film se situe dans les séquences de duel. Épurées et puissantes, les scènes placent un homme face à un autre, recréant une opposition de puissances, certes, mais aussi et surtout d’idéologies. Pacifisme et activisme, volonté d’apaisement et désir de vengeance, la question noire est intelligemment soulevée.

 

 

Comment se faire confiance et s’accepter lorsque les modèles qui nous sont imposés ne nous ressemblent pas? Michelle Obama a ainsi salué l’opportunité qu’offre Black Panther, d’établir une diversité dans les héros au cinéma, afin d’inspirer les enfants. C’est précisément pour cela qu’il est important de saluer une telle sortie.

 

 

 

 

 

Et enfin : la place faite aux rôles féminins. Shuri devient sans aucun doute un des visages les plus appréciés du casting; et le monde poursuit sa passion pour la somptueuse Lupita Nyong’o, qui incarne Nakia. Le général du Wakanda est aussi une femme, incarnée par Danai Gurira, derrière laquelle le Time, y ont vu un hommage aux Mino, guerrières du Dahomey, l’actuel Bénin. Enfin Ramonda, la mère de T’Challa, est interprétée par Angela Bassett, qui incarna par le passé Betty Shabazz, l’épouse de Malcom X, dans le film éponyme ou encore Rosa Parks, dans The Rosa Park’s story.

 

 

Il ne s’agit pas seulement d’un énième blockbuster, et ce succès prouve un progrès. Si l’égalité dans la diversité piétine toujours, les progrès se font sentir et les voix se font entendre. Petit à petit, évidemment trop lentement, la diversité se banalise et les clichés chutent.

 

Reuben

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