Bousculer les mentalités avec le Ramdam

Installé depuis 2011, le Ramdam Festival se présente, comme l’indique le slogan, comme le festival du « film qui dérange ». Avec cette accroche, il y a donc de quoi être intriguer ou attiser notre curiosité. La huitième édition s’est achevée mardi dernier. Rencontre avec le président de l’évènement, Jean-Pierre Winberg.

 

Le Ramdam Festival s’installe à Tournai, en Belgique depuis plusieurs années. / Source: logo du Ramdam

Le slogan du Ramdam, c’est « le film qui dérange » mais qu’est-ce qu’un film qui dérange ?

C’est un cinéma qui vous poursuit pendant des jours, des semaines, parfois des années après être sorti de la salle car cela vous a secoué. Un film a détruit vos aprioris, refouler vos certitudes. Le dérangement peut être de plusieurs ordres : économique, social… Toute problématique est exposée.

Est-ce que le festival se doit d’être en phase avec son temps ?

Cela me semble une évidence. Je crois que la fréquentation du Ramdam est significative de l’époque. Quand nous avons débuté il y a plusieurs années, on nous a dit que l’évènement ne fonctionnera jamais car les gens ne vont pas au cinéma pour être bousculés. Les détracteurs nous donnaient deux ou trois ans avant d’arrêter. Néanmoins, la première édition a fait 4000 entrées pour arriver à 23 500 tickets en 2017. Si l’on suit cet indicateur, il faut croire que l’on est bien en phase avec notre époque. On peut le regretter en partie car nous ne demandons pas de films, ce sont les réalisateurs qui viennent vers nous. Nous devons réaliser une sélection. Cela est révélateur que notre société ne va pas très bien, voire même de plus en plus mal.

Le nombre de visiteurs augmente depuis ses débuts en 2011. / Source : nordéclair.be

Logiquement, le Ramdam est une façon de faire évoluer les pensées ?

C’est exactement notre état d’esprit. C’est faire remettre en question les certitudes.

Selon vous, le mot « déranger » peut-il s’associer avec le mot « politique » ?

Non, pas du tout. Il peut y avoir un lien comme il ne peut pas y en avoir. C’est possible d’être déranger par la vie d’un couple qui voient brusquement son amour disparaitre après 40 ans de vie commune. Déranger n’est pas nécessairement la politique. Heureusement, il n’y a pas que la politique dans la vie.

Donc, cela peut être des problématiques sociales comme l’avortement, par exemple ?

Effectivement. D’ailleurs, il y a un documentaire qui traite de l’avortement qui se nomme « Sexe, prêche et politique ». La politique, ici, intervient justement car au Brésil, lieu où se déroule le film, l’avortement n’est pas autorisé.

  Mos

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *