Butterscotch Hawiian DECOUVERTE

« Butterscotch Hawaiian c’est la bande-son d’une jeunesse célébrant le retour du psychédélisme.. » tel est l’accrochant credo du groupe.

Composé de six membres dont les deux instigateurs: Alexis Séférian et Gauthier Havel, BSH est  un groupe de rock psychédélique, coloré d’une multitude d’influences. Des 60’s aux MGMT, loin d’être sous l’égide d’une tendance de come-back nostalgique aux années du « trip sous acide », il délivre une sonorité qui se veut dans l’air du temps. Dans la nébuleuse des ensembles rock, le groupe sort son épingle du jeu, tant par l’éclectisme de ses sonorités que par le magnétisme qu’ils provoquent sur scène. Leur second EP est attendu au printemps prochain, et pour Pensées parisiennes, Gauthier et Alexis ont accepté de nous en dire un peu plus sur le groupe.

 

Pouvez-vous nous parler de vous, Butterscotch Hawaiian ? Votre naissance, vos premiers pas…

 Premièrement, Butterscotch Hawaiian de base c’est deux personnes, Alexis et moi (Gauthier).
On s’est retrouvés un jour, il y a maintenant deux ans quelque chose comme ça, on a enregistré des morceaux un soir juste pour déconner avec un ordinateur. On les a sortis, ça a plu à des gens et on s’est dit pourquoi ne pas faire de la blague un vrai groupe. Et donc on a recruté d’autres musiciens derrière et on s’est retrouvés à se produire sur scène à pas mal de reprises, à sortir un EP.
Au départ on était deux musiciens, puis on est montés. Les membres ça fait que bouger, on n’a jamais eu de musiciens très fixes. Il y a juste notre tambouriniste et notre bassiste qui sont là depuis à peu près le début, mais après ça tourne autour d’Alexis (chant guitare) et moi (guitare, clavier et chant). Il y a plein de voix dans BSH, on est six actuellement, c’est la formation qui a duré le plus longtemps jusque-là

 

D’où vient votre nom « Butterscotch Hawaiian? »

BSH c’est un nom qu’on a trouvé drôle. De base, vu que c’était un groupe qui n’était pas censé être sérieux on avait cherché des noms de variétés de beuh, parce que le nom du cannabis ça a toujours des noms super sympas. On était tombés sur Butterscotch Hawaiian, qui est un mélange de variétés différentes, on était deux, ça matchait bien. Pour le côté hawaïen, notre musique est bien colorée, l’été ça nous parle. Butterscotch c’est du caramel. Si on traduit ça fait caramel hawaïen, c’est presque comme l’album de Gong, « Camembert électrique ». Un nom trouvé par André Breton…

 

Vous avez sorti votre 1er EP « Cosmic Dust » il y a un an. Quels ont été les retours ?

Il y un peu plus d’un an oui, un an et demi, en juin 2016. Avec le 1er EP on a fait notre tout premier clip qui ressemble plus à une blague d’adolescent qu’autre chose. Il a bien marché et depuis sa sortie c’est toujours la vidéo la plus vue, le clip que les gens ont le plus vu de notre groupe. Et je pense que c’est la chanson à laquelle les gens pensent quand on évoque BSH. Donc du coup ça nous a permis de dépasser les frontières de notre cercle d’amis, de Paris tout simplement. Derrière ça on a pu jouer à plusieurs endroits, au Luxembourg, en Normandie, à Angers deux fois.
On a eu des retours des États-Unis aussi. Étrangement on a plus de commentaires des US que de Français.
Il y a des pays vachement étranges qui nous regardent. J’avais été étonné de voir des Japonais qui nous suivent. Quelque chose qui ne serait jamais arrivé sans ce clip je pense.

 

 

Vous avez sorti par la suite le clip Stay Around en novembre dernier qui comptabilise plus de 1000 vues. Ils sont assez différents au final, on sent moins le côté psyché.

Ce sont deux chansons qui datent de la même période, elles sont sorties sur le même EP. Elles expriment bien la confrontation qu’on a eue musicalement et qu’on a encore parfois. Entre notre forte influence de la musique des années 60 (surf music, western, musique du film), l’hommage à cette époque et ce qui va correspondre à notre style musical propre, il y a une subtilité. On est plus Cosmic Dust.
C’est cohérent avec notre univers mais ça ne nous définit pas totalement. C’est le clip qui nous fallait pour monter aussi qu’on est sérieux.

 

Vous avez un côté d’ailleurs très rock dur, plus que dans Cosmic Dust où vous jouez avec des instruments traditionnels.

Ouais. Une dualité dans notre musique, rock plus pop. Notre musique en studio est souvent assez spirituelle. Sur scène on a un aspect plus rock. C’est quelque chose de nécessaire, le public vient voir un show en quelque sorte et donc il faut qu’il y ait une énergie qui soit là. Ça m’énerve de voir actuellement beaucoup de groupe de rock qui sont sur scène et qui regardent leurs pieds. J’aime bien quand sur scène il se passe quelque chose de chaleureux, du spectacle, ça évite de tomber dans le côté aseptisé.

 

 

 

Les festivals c’est quelque chose que vous privilégiez?

Nos meilleurs concerts c’est devant un public à conquérir. L’ambiance elle est géniale, tu restes trois jours au milieu de nul-part, on est ensemble en dehors de la scène et c’est primordial. Trois, quatre jours ensemble coincés dans un van a devoir supporter les blagues de tout le monde ça crée des liens et le soir sur scène ça se ressent.
Se produire en dehors de Paris aussi c’est conquérir de nouvelles personnes. À Paris c’est une scène restreinte, si on veut toucher un autre public il faut se déplacer, c’est un nouveau défi.

C’est une nécessité mais ça nous fait du bien de voyager, de voir des gens qui aiment notre musique. On est plus touché quand on joue en dehors, on est accueillis différemment, c’est tout le temps la fête. Pendant un moment on faisait un concert par mois sur Paris. On a rencontré au début les bonnes personnes qui nous ont lancés. Le groupe s’est retrouvé à accepter plein de concerts à la suite et au bout de moins d’un an on nous connaissait trop, on a tellement joué ici à un moment qu’on aurait pu planifier ça comme une tournée parisienne, la tournée des arrondissements.
Pour l’anecdote une fois au Supersonic le groupe devait jouer à deux heures du mat’. À minuit deux musiciens du groupe m’appellent et me disent : « On est coincés dans un ascenseur à Pigalle ». Ils sont sortis cinq heures plus tard un truc comme ça. On a dû jouer avec un mec qu’on a trouvé dans la rue, il nous a dit « je suis batteur », on a dit « vas-y monte sur scène avec nous ». C’était le gros bordel, c’était marrant.

 

Vous avez chacun votre style en tout cas, quelles sont vos influences premières ?

On essaye de se démarquer de la catégorie hippie. On n’est pas un groupe de rock des années 60, on est un groupe de rock d’aujourd’hui inspiré par beaucoup de choses et en grande partie par les sixties mais pas que ça. On ne veut pas ressembler à un groupe de reprises.
Nos influences ne sont pas spécialement uniquement le rock psyché, hors du rock, moi j’aime beaucoup tout ce qui a été fait dans le jazz de ces années-là, très expérimental. On écoute tous beaucoup de musiques différentes et du récent aussi. Que ce soit très pop comme MGMT, Oxygène où des choses plus perchés, je pense à King Gizzard & The Lizard Wizard… De la funk, de la disco… Avec Alexis on a eu un groupe de rap a un moment.
Je pense que ça s’entend pas spécialement, on ne cherche pas à ce que ce soit un melting-pot mais quelque part quand on écoute quelque chose il y a forcément des sons qui en ressortent. Et je pense que ça se ressentira plus sur le prochain EP.
Il est déjà plus rock que le premier, il y a une démarcation qui se fait par rapport à avant, on pas est dans du 100% sixty, on ramène des choses comme du groove, c’est assez varié comme EP. On n’a pas envie de se prendre la tête à mettre une étiquette BSH. Quand on voit justement King Gizzard and the Lizard Wizard dont je parlais, eux ils changent d’album ils changent de style constamment. Il y a leur patte.

 

Donc ce n’est pas essayer de faire revivre une époque ?

Dire qu’on a un sens super-actuel ce serait menti, c’est compliqué comme question, on cherche à récupérer l’ambiance, les idées qui nous plaisent dans cette musique là et d’apporter ce que la technique nous permet d’apporter, parce que l’évolution de la musique ces dernières années touche la technique plus que toute autre chose et donc on prend le meilleur de chaque, c’est un subtil mélange. On fait un peu comme Citroën qui a sorti la DS3 et compagnie, ils ont récupéré la vieille DS et ils l’ont faite d’actualité.

 

Vos projets pour 2018 ?

On sort notre deuxième EP le 6 avril, et d’ailleurs c’est la première fois qu’on le dit, tu as l’exclusivité. Il sera précédé d’un clip extrait de cet EP. Il devrait sortir un peu avant, entre aujourd’hui et le 6 avril. On a beaucoup pris notre temps, maintenant on a un peu envie d’accélérer les choses. L’enregistrement d’un album dans l’année ? Une tournée ça c’est sur. Une signature qui sait ? On a pas mal de possibilités qui commencent à s’ouvrir à nous donc on va les saisir et voir ou le vent nous portera.

 

Estelle M.P

 

 

 

 

 

 

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