[INTERVIEW x Cebos] – « Débouler dans un quartier, dans un bidonville ou une favelas sans connaitre personne, c’est pas facile »

-Salut, si tu devais te présenter en un album de rap, tu choisirais lequel ?

Salut mon soss.
C’est même pas un album mais un titre, « Loin des rêves » de Koma !

-Et si tu devais te présenter en un film ?

Un de mes classiques : Les princes de la ville

-J’ai vu sur ta chaîne qu’avant tu filmais les rappeurs sur scène mais tu as arrêté.. pourquoi ?

Oui, exact. En fait, je filmais juste quelques passages, histoire d’avoir quelques vidéo sans pour autant faire des montages, c’était vraiment amateur… Ce qu’il faut savoir, même si j’ai beaucoup tourné avec des rappeurs comme Guizmo, Scred Connexion, Demi Portion, Khondo… c’est que je suis vraiment loin d’être un photographe de concert. Je kiffe le live et je fais des images pour le rappeur.
Ça arrive qu’un rappeur me demande de filmer un passage pour l’incruster à son prochain clip. La vidéo c’est pas vraiment mon taff, encore moins en concert.

-Pourrais tu nous parler des « Street Photographie » sur ta chaine youtube ?

Au-delà de publier mon travail sur Facebook je me suis dis que faire des diapos photo avec mes images ça serait cool.
Du coup après chaque voyage j’essaie de trouver une musique qui colle avec l’univers de mes images puis je balance ça sur Youtube.
On peut donc retrouver mes images sur l’Inde, Philippines, Brésil, Paris Bezbar, portrait et street basket-ball sous forme de diaporama photo sur Youtube.

-Est-ce que tu pourrais repasser à la couleur pour tes photos ? Ou Cebos rime avec Noir et blanc dorénavant ?

J’ai commencé par la couleur et petit à petit j’ai trouvé mon style. J’aime beaucoup la couleur des autres photographes mais moi j’y arrive pas.
Ma vision du monde, ce que je vois, ce que j’écoute fait en sorte que je suis plus attiré par le côté sombre…Cebos rime donc avec Noir&Blanc.

-Quel est ton exercice préféré, prendre des photos dans la rue ou des photos de concert ?

Faire de la photo de concert c’est vraiment compliqué, surtout quand tu bosses sans flash. Je tombe souvent dans des salles de concert où la position des lumières ne m’arrange pas ! Du coup je recherche les bons angles ect… Pour te dire la vérité je m’ennuie en photo de concert : un MC, un micro, une scène j’ai l’impression de tourner en rond et de faire toujours les mêmes images. Mais shooter un Guizmo ou un Furax sur scène c’est un kiff.

L’exercice que je préfère c’est lors de mes reportages photos à l’étranger, car je parle aucune langue et je sais jamais où je mets les pieds. Il faut savoir observer, se faire accepter mais surtout avoir beaucoup de  patience. Débouler dans un quartier, dans un bidonville ou une favelas sans connaitre personne c’est pas facile… il faut donc avoir une attitude très naturelle pour se faire accepter. Chaque voyage est une nouvelle aventure, de nouvelles rencontres.

-Est-ce que pour toi, retoucher une photo sur photoshop ça dénature la photo ?

Ça dépend du style de photo, en photo de rue, reportage et guerre oui ça dénature énormément ! Certains photographe abusent beaucoup en portrait aussi, transforment la peau en plastique… grrr

Pour des photos mode quand c’est léger et bien fait ça ne me dérange pas. Moi personnellement j’ai mon univers photographique, un noir et blanc bien dark et les seuls outils que j’utilise sur Photoshop sont contraste et courbe.

D’ailleurs faut faire la différence entre un bon photographe et un bon retoucheur… c’est deux taffs différent, il y’a des photographes qui font rien de ouf mais qui bossent bien sur photoshop.

-Quel a été ton meilleur voyage ?

Chaque nouveau voyage devient le meilleur,  je rencontre des gens et j’apprends sur moi même à chaque voyage et c’est ce qui me fait évoluer.

– Ton meilleur souvenir lié à la photographie ?

Je côtoie les rappeurs que j’écoutais étant petit, je reçois des messages de leur part, des encouragements, ça c’est une fierté de malade pour moi. De recevoir des messages, voir que mes images touchent des gens que je connais même pas.

Aujourd’hui je voyage uniquement pour la photo, je rencontre des gens et vis des moments très fort.

-Des pays où tu souhaites aller ? Pourquoi ?
J’aimerais faire le tour du monde et voir tout les pays. Il y a évidemment des pays qui m’attire plus que d’autres comme l’Afghanistan pour sa culture et ses montagnes, la Corée du Nord pour son côté « inaccessible ». Photographier la mafia Russe ou Japonaise. Des quartiers sombres de Baltimore ou de New York…

-J’ai cru voir sur tes réseaux sociaux que tu parlais d’une expo à venir ?

Le 1er avril 2017 j’expose mon reportage photo sur les rues et bidonvilles de Manille, un reportage que j’ai intitulé « Filippino »

Ça s’passe dans le 10ème rue Château-Lardon chez Collectif 23.


-T’as un artiste modèle ? Quelqu’un qui t’inspire et te motive ?

Beaucoup oui ! Dans le monde de la photo comme dans le monde de la musique… je sais pas si je pourrais te citer qu’un seul nom, il y a en énormément.

– Si tu devais sélectionner que 3 photos pour les montrer à des gens qui ne connaissent pas ce que tu fais, tu prendrais lesquelles ?

C’est très compliqué mon pote ! Résumé mon travail en 3 photo c’est presque impossible car je fais autant du portrait street/mode sur paname que du photo reportage. Je les invite à voir ma page Facebook : PicsAndLove

– Comment perçois-tu l’évolution du rap aujourd’hui ? Etant donné que tu as baigné dans le rap de paris nord..

Bonne ou mauvaise évolution je me pose la question ! Les Dj d’aujourd’hui ont plus les mains en l’air que sur les platines, ils créent des instru en 3min avec l’aide d’un logiciel sans savoir ce que c’est qu’un « sample ».
Je « découvre » un rappeur tous les jours. C’est devenu une mode, on se fait envahir par des mecs qui pensent qu’ être rappeur c’est être beaugoss sur la pochette d’album, fumer un oinj et tenir une arme dans les clips. Combien des rappeurs aujourd’hui connaissent l’histoire et la définition des trois lettres R.A.P ? Je peux comprendre qu’il faut de tout pour tout l’monde, ce qui me dérange c’est qu’on utilise cette culture, c’est juste devenu un business géré par des hommes en costard.  Un bon MC c’est celui qui rap, si tu veux chanter ou faire danser les gens fais de la Pop ou du RNB.

A côté de ça heureusement qu’il y a toujours ceux qui véhiculent de vrais messages et qui font vivre le HipHop… merci à eux

– Le mot de la fin ?
Merci à toi pour ces questions, Big up à mon HipHop et à ma Scred Family.

#PicsAndLove

1 commentaire sur “[INTERVIEW x Cebos] – « Débouler dans un quartier, dans un bidonville ou une favelas sans connaitre personne, c’est pas facile »”

  1. Un vrai style ,des emotions, un regard juste …Un grand photographe reporter en prise avec la realité.Un Big Up a ce petit grand du 18.

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