Chris(tine) is the queen

On le savait déjà, Héloïse Letissier n’a plus rien à prouver. Avec un premier album vendu à 1,3 millions d’exemplaires, Christine and the Queens (qui dit nouveau démarrage dit nouvelle identité), revient avec un nouvel opus et il est excellent. Après avoir su conquérir le cœur des Français mais aussi de nos amis étrangers (coucou les Etats-Unis), Chris nous apporte sur un plateau d’argent, d’or ou de diamant, de nouveaux sons fins et raffinés à écouter sans modération. Pourtant l’ex normalienne est aujourd’hui au cœur d’une nouvelle polémique.

On va essayer de décrypter ensemble ce nouvel album

 

Déjà, dès la première écoute de Comme si on s’aimait (premier morceau de la tracklist), on reconnait l’artiste : une voix juste, sûre et pourtant terriblement douce, une instru electro-pop (peut-être plus electro que pop) en bref, Christine est toujours là, elle a juste évolué.

Evolué vers quoi ou plutôt en quoi ? Eh bien, si son premier album vous avez touché par sa sincérité, nul doute que celui-ci risque de vous émouvoir. « Je suis lesbienne mais pas tout le temps », avait-elle déclaré lors d’une interview. Bien plus personnel que le précédent, la chanteuse nous offre une confession très intime sur sa vie (amoureuse puisqu’elle se revendique ouvertement pansexuelle) mais pas uniquement.

Profondément engagée dans la cause LGBTQ+, cet album est également l’occasion pour elle d’exprimer un regard critique sur la société homophobe, sexiste mais également transphobe dans laquelle les principaux concernés luttent pour trouver leur place. Avec La marcheuse, Chris chante l’espoir face au fatalisme, l’amour face à la haine, la rage de vivre et lutter pour un monde plus juste et plus tolérant. Violent mais affreusement beau et VRAI, ce morceau est déjà l’un de mes préférés de l’album : déjà 328 570 vues sur YouTube et en prime une avalanche de pouces bleus :

 

 

Physiquement le changement est tout autant parlant ; finis la Christine aux cheveux longs et tailleur pantalon, bonjour la coupe garçonne, le tee shirt blanc et la chemise ouverte, un peu à la James Dean. Tout en ambivalence, la chanteuse revendique sa féminité mais la réinterprète justement avec un style que d’aucun qualifierait d’androgyne, même si personnellement je la trouve toujours aussi charmante.

 

Après autant de louanges, vous vous demandiez surement quand est ce que cet article dévierait du droit chemin et parlerait enfin de cette fameuse polémique. Rien de nouveau pourtant sur la scène musicale : untel est accusé de plagiat, un autre de textes sexistes, deux rappeurs se battent dans un aéroport… la routine.

C’est bien de ce premier crime dont est (encore) accusée l’artiste, après s’être défendue de la manière suivante : « Je n’ai pas plagié une chanson, ce que j’ai pris est libre de droit. 95% des raps d’aujourd’hui empruntent des chansons connues. Au moins trois morceaux de Rihanna sont bâtis à base de ces logiciels. Je n’ai pas plagié, j’ai samplé une boucle libre de droits, sur laquelle j’ai ajouté des paroles, la mélodie de chant, les arrangements. »

Mais la performeuse est également décriée à cause de son changement physique radical… On lui suggèrerait presque de laisser repousser ses cheveux afin de ne pas faire de l’ombre à l’album (mais pas nous, on aime bien ton look Chris).

 

In fine, du love, de la tolérance, du bon son et une polémique, le cocktail parfait pour un artiste et son album. On attend les chiffres de la première semaine, mais qu’importe. Le plus important dans la musique est définitivement les émotions qu’elle provoque. Alors dans le doute, allez checker : Chris, sorti le 21 septembre 2018, disponible sur toutes les plateformes d’écoute musicale en streaming.

 

 

-Mangy

 

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