[Chronique Ciné] – Taxi 5

Après avoir attiré des dizaines de millions de spectateurs dans les années 90 et 2000, la Peugeot la plus célèbre de la cité phocéenne se dépoussière et reprend du service. Exit le mythique tandem Sami Naceri/Frédéric Diefenthal, bonjour Gastambide et Bentalha. Le premier reprend la main sur la réalisation avec un contrôle éloigné de Luc Besson. Pour le meilleur mais aussi pour le pire. 

Nouveau duo, nouvelles personnalités, même symbiose

Franck Gastambide et Malik Bentalha / Source : Premiere.fr

Onze années séparent Taxi 5 et son prédécesseur. Une éternité pour le grand public qui s’était habitué et identifié aux aventures d’Emilien et Daniel. Une couple atypique digne de septième art français. Le réalisateur de Pattaya décide recréer cette dynamique en s’associant avec son compère de toujours Malik Bentalha. Sans surprise, le duo fonctionne parfaitement. D’autant plus que les traits de caractère sont bien redistribués et laissent le spectateur perplexe au début du film. Gastambide est excellent lorsqu’il s’agit de contourner les clichés et Taxi 5 le prouve une nouvelle fois.

Pattaya, version Marseille et bolides ?

Soyons clair. Le long métrage fait honorablement le job. Les scènes d’actions ont été très bien pensées. On rentre aisément dans la vie des personnages. Cependant, si l’on enlève la série de clins d’œil aux anciens Taxi, on aurait pu croire à un blockbuster dopé à l’humour propre aux concernés du film. Inutile de dire que la présence de nos héros historiques (Emilien et Daniel) n’aurait pas été de trop. Bien au contraire. La patte Gastambide bouffe à plusieurs moments l’esprit Taxi.

Pour cause, il ne faut pas négliger l’une des raisons du succès du film : l’identification du public aux personnages de la saga qui représentaient la France de l’époque notamment dans les années 90 avec la tendance Black Blanc Beur. Ici, on n’y est pas du tout. La philosophie spécifique de la saga n’est pas présente. Tous les ingrédients sont là pour un bon film ordinaire mais il manque la Taxi touch pour y croire suffisamment. Gastambide et sa clique habituelle (Ramzy Bédia, Anouar Toubali, Sabrina Ouazani) n’arrivent pas réinsuffler cela.

Eriger Taxi durablement dans la culture populaire

L’un des points forts du film se trouve dans les nombreux sous-entendus des grands moments de la saga. L’idée de reprendre le même véhicule amène mine de rien une continuité pratique mais également un symbole non-négligeable. Idem pour le neveu de Daniel interprété par Malik Bentalha. L’idée de garder les mêmes rôles pour Bernard Farcy et Edouard Montoute est encourageante.

En clair, il y a une volonté de rendre Taxi intemporel, une série de films qui aura marqué son époque. La nostalgie nous joue donc forcément des tours lorsque en 2018, un cinquième volet apparaît. Néanmoins, vingt ans après le premier épisode, les choses ont changé. L’énergique 407 blanche apparaît comme une vieille gloire sur le retour malgré un bon moment sur grand écran grâce à l’efficacité de son réalisateur.

Mos

 

 

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