[CHRONIQUE] – Lomepal x FLIP

Afin d’écouter ce projet, nous devions prendre l’avion pour mieux voyager dans l’univers du personnage. Nous quittons la Planète RAP, la destination est encore inconnue.
Une hôtesse avec un masque de Lomepal nous tend alors un casque afin d’écouter le morceau avec calme et volupté.
L’avion décolle, on peut commencer notre périple auditif. Cependant avant même de lancer l’album, nous ressentons déjà des perturbations, l’équipage semble être inquiet.
Des secousses et perturbations commencent à se faire sentir à bord, l’avion commence à trembler et entame alors sa chute libre et s’écrase dans l’eau, à 50 mètres de la rive.
Personne n’est blessé, je suis rassuré. On entame alors 2 minutes de brasse pour rejoindre la rive et se rassurer. A peine arrivé sur la plage j’entends déjà de drôles de sonorités.
Je regarde autour de moi, je ne reconnais pas l’environnement, j’avais rarement vu ce décor auparavant, une chose est sure : nous ne sommes absolument pas sur la Planète RAP.
Les gens s’intriguent « Où sommes-nous?? » ou alors « Où sont les prods boom bap à l’ancienne? Sommes-nous sur une autre planète? Je pense que…. »
Cette personne n’eut nul temps de finir sa phrase qu’elle fut coupée par un cri assourdissant venant du ciel. Je levai la tête au ciel et n’en cru pas mes yeux : des dragons.
Mais… si Lomepal disait la vérité depuis le début? S’il était réellement la majesté dans son propre univers? Et si nous venions tout juste d’atterrir sur la planète FLIP?
Dans son morceau Majesté il dit :  » Plus tard, j’aurai des dragons que j’apprivoiserai, et un palais avec plus de pièces qu’un tiroir caisse  » et dans Oyasumi « Je viens de voir quelques dragons survoler la vallée ».
Les voilà ces fameux dragons, pas la peine d’enfiler le casque pour entrer dans son univers, il s’écoute et se regarde. Allons nous aventurer sur cette fameuse planète FLIP de Lomepal.
Devant nous se trouve une multitude de paysages, de la simple vallée en allant par des étendues volcaniques, au sol se trouve une pancarte avec des gravures faîtes à l’opinel « Suis le fil rouge ».
En relevant la tête j’aperçu ce fil rouge qui s’étendait jusqu’à perte de vue, je décidai alors d’entamer ce voyage musical.

 

 

Après quelques pas seulement  on arrive au premier morceau, un banc s’offre à nous afin que l’on puisse se poser et déguster le premier morceau comme il se doit.
Ce premier morceau s’intitule « Palpal », dans la version streaming/album au début on peut entendre des bruits de skate, surement un message pour annoncer aux auditeurs que le voyage commence, on se déplace lentement mais surement au coeur de ce projet. Je vais vous parler du son plutôt que du (MAGNIFIQUE) clip, sinon je vais écrire 10 pages doubles.
Quand on me dit « Lomepal » je pense à plusieurs choses : une plume fine, des constructions de rimes intéressantes, des productions de clips toujours incroyables et bien sur…. égocentrique.
Le personnage Lomepal a commencé peu à peu à se bâtir une image à la fois égocentrique et fragile au cour de ses projets, et sur ce titre on y revient.
Sur une production d’ 

Il pointe aussi du doigt notre société actuelle, le sadisme et la folie qui poussent au fond de nous, la quête perpétuelle de reconnaissance et d’argent

 

 

Je me relève et je continue ma route pour suivre le fil rouge, quand tout d’un………BAAAAAAAAAAAM.
Énorme météorite. Un missile venu tout droit du laboratoire de Lomepal sur moi. Cette météorite c’est la track n°3 :  Lucy.
Ce morceau c’est vraiment l’apothéose, tout est parfait, y’a pas de banc pour s’asseoir et profiter du morceau, là on est directement dans la lave.
Sur une production de Stwo, une collaboration avec 2Fingz (mes préférés), cette pépite est ultra chaude, ce morceau s’appelle Lucy parce qu’ils ont déterré le rap français, c’est sur.
Doum’s et Népal nous offre un pass pass légendaire, quand ils commencent leur couplet un dragon vient se poser à côté de nous, nous fait signe avec sa tête pour qu’on vienne sur son dos afin de s’enfuir vers les nuages.
Après nous avoir fait autant mal, le morceau suivant est Pommade, ce n’est clairement pas innocent.
Au loin j’aperçois un palais, serait-ce celui d’Antoine alias Lomepal ? On approche lentement à dos de dragon pendant que le morceau Ça compte pas (feat Caballero) se lance. Une ambiance douce et apaisante, ça fait du bien après le morceau Pommade. On met l’égotrip sur pause pendant ce morceau, les rappeurs racontent une histoire, sur un couple en soirée. Caballero parle de la meuf, et Lomepal s’adresse au gars. Je n’en dirai pas plus, mais bon ça compte pas.

 

Le dragon commence à perdre de l’altitude alors qu’on s’approche de plus en plus du palais. On se retrouve devant le pont-levis, le dragon nous pose délicatement, et pousse un cri perçant, ce qui ouvre le pont-levis du palais. Allons y.
A l’intérieur de ce palais, l’ambiance est beaucoup moins agressive et volcanique, on arrive dans une cour avec des fontaines et de gigantesques colonnes qui dressent un cadre rassurant et reposant.
A peine  approché d’une fontaine, une musique se lance, VM the Don & Superpoze à la production, il s’agit du morceau Yeux disent. Sur ce morceau, Antoine traite de l’amour, d’une relation qui s’épuise peu à peu mais à laquelle on est tout même attaché, de musique.

 

 

 

De nombreuse références à ses anciens projets, notamment les morceaux Avion et Malaise qui se suivent, faisant référence à son morceau Avion Malaisien. Il ne s’en cache pas puisqu’il reprend même des phases de ce morceau dans le titre Avion.

« La plupart des belles choses que j’ai vu sont des mirages, ouais
J’ai tout à fait conscience que je vis dans un monde imaginaire »

 

On s’aventure dans un escalier en colimaçon avec un tapis bleu, on entend des bruits de voix en haut. Notre voyage s’arrête ici, pour laisser place à la fête sur le morceau Danse. On aurait pu parler du dernier titre de l’album Sur le sol, où il parle d’une/de sa relation maternelle, du featuring avec Roméo Elvis et bien d’autres.
Il faut cependant faire un bilan de ce périple, nous sommes partis de la planète RAP pour débouler sur la Planète FLIP. Je comprends pourquoi nous sommes partis de cette planète, ce n’est pas du rap. Ce projet c’est du Lomepal,  ça sonne tel quel, et c’était l’objectif, donc je félicite sa majesté.
De la pochette aux sonoritées,  il tire sa révérence au rap. Il a aboutit le travail et l’expérience artistique qu’il avait tenté de faire sur ses anciens projets Majesté et Seigneur.
C’est la première fois que Lomepal parle de sa passion pour le skate. Depuis son premier projet 20 mesures sorti en 2011, il lui aura fallu 6 ans pour le faire.
Il ne souhaitait pas bâcler ça, si on le fait, on le fait bien ou on ferme sa gueule, du coup là il le fait très bien.
Ce que j’aime aussi chez lui c’est son entourage dans la musique, que ce soit la 75ème session, l’école Belge avec Caballero, La Smala, JeanJass, Roméo Elvis, Lomepal s’entoure très bien.
Un album réussi, Antoine a développé un univers qui lui est propre, une image très pointue et soignée, un entourage talentueux, il est prêt à régner. Flip est un putain de projet.

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