[Chronique] The Weeknd – My Dear Melancholy

Après la confirmation commerciale de Starboy, The Weeknd a pris le temps de sortir en totale surprise un EP intitulé My Dear Melancholy. Fidèle au nom qu’il emprunte, le projet est guidé par le thème de l’amour subi et fataliste sous fond sonore aérien et très peu rythmé. Simple parenthèse artistique ou virage back to basics ?

Quand les sentiments détruisent les joies du succès

The Weeknd dans la peau de Starboy / Source : Nabil Elderkin

Retour en 2016. Abel avait de quoi bien faire la fête. Starboy et son album éponyme faisaient des émules chez le grand public. Sorte de consécration pour celui qui avait commencé à propager discrètement ses sons sur internet au tout début de la décennie. Si l’industrie musicale était aux pieds du chanteur, l’amour filait droit. Après la mannequin Bella Hadid, l’artiste s’est laissé séduire par Selena Gomez, autre astre de la pop musique actuel (moins intéressant et davantage préfabriqué). Tout le monde est beau, tout le monde est gentil dans le meilleur des mondes sauf que cela ne dure pas. Pour l’amour, en tout cas. Depuis, The Weeknd a délaissé peu à peu la promo de son disque et s’efface petit à petit du monde de la pop.

L’inspiration à travers l’amour sensible

Cette mauvaise passe se traduit aujourd’hui par l’EP My Dear Melancholy. A l’écoute du projet, impossible de ne pas se focaliser sur les paroles. On sait à qui est adressé l’œuvre en question. Représailles, vengeance personnelle ou thérapie d’introspection par la musique, la démarche n’est pas toujours claire. Les textes naviguent entre désespoir, amour passionnel, déni et intimité. Cependant, les albums The Beauty Behind The Madness et Starboy ont éclipsé le fait que The Weeknd est au départ un chanteur de R&B, certes de R&B alternatif mais du R&B toutefois. Dès que cet aspect est pris en compte, on comprend donc aisément la reprise des codes du genre pour exprimer les sentiments qui sont exposés dans cet EP à l’image de R.Kelly ou Usher dans un autre registre.

Antipode et retour en arrière

Pour ceux qui ont été drogués à The Weeknd depuis 2015, la démarche du disque ne sera pas une évidence. Pas de tubes efficaces, à contrario, des titres très lents à l’image de Call Out My Name ouvrant le disque. Néanmoins, ce morceau pourrait trouver de l’intérêt au regard de sa similitude Earned It. Pour le reste, Wasted Times est le moment fort de l’album et le plus enjoué grâce à une production subtile et travaillée de Skrillex. Par contre, petite révolution : Gasaffelstein, frenchie et surtout souterrain de l’électro amène à My Dear Melancholy une noirceur profonde et audacieuse par petits instants.

En clair, cet EP servirait plus d’intermédiaire à un véritable album de ce nom. En d’autres termes, mettre de l’ordre dans le chaos pour mieux s’inspirer.

Mos

 

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