Les femmes s’en mêlent, et ça fait du bien.

20 ans maintenant que le festival Les femmes s’en mêlent met en avant la scène féminine indépendante. Dans le contexte actuel où les débats sur l’émancipation des femmes et leurs libertés font rage, un évènement célébrant ces éléments à travers l’art ne pouvait pas mieux tomber. Pour cette 21ème édition, les salles de la Machine du Moulin Rouge ont été investies les 15, 16 et 17 mars.

 

Trois jours pour faire briller la créativité féminine d’artistes venues de différents horizons, promouvoir la diversité, créer du lien, et rendre le monde un peu plus petit le temps d’un weekend prolongé.
Pensées parisiennes a eu le plaisir et l’honneur d’assister à la deuxième journée du festival, le samedi 17 mars.

21h et les gens commencent déjà à s’attrouper avec impatience devant les portes fermées de la Machine du Moulin rouge. 21h15 : « plus que 30 secondes !», hurle le chef de la sécurité. Dans la file, aussi diversifiée que les artistes se produisant sur scène ce soir-là, l’excitation commence à se faire ressentir.

21h20 et les portes s’ouvrent enfin. Les premiers arrivés s’agglutinement peu à peu vers le bar à la recherche d’un rafraîchissement (c’est bien connu l’attente, ça donne soif !). Une Djette entame un set pour les mettre progressivement dans le bain, en attendant la première performance, qui aura lieu à 22h.

 

 

22h, dans un silence aussi assourdissant que surprenant, Blimes Brixton entre en scène. Il ne faut pas plus de 20 secondes à la foule pour se rassembler devant la toute petite scène du festival. Uniquement constituée d’une batterie, d’une table de DJ et d’un micro. Totalement en phase avec l’univers simpliste du festival : les artistes s’y produisent dans leur forme la plus brute.

 

 

Sans aucune fioriture, la jeune rappeuse entame sa performance, qu’elle entrecoupe d’échanges avec le public. Elle s’arrête un court instant pour faire un discours, los duquel elle confesse qu’elle a initialement débuté sa carrière musicale dans le battle rap, mais qu’elle s’est éloignée de cet univers qu’elle jugeait trop violent, et trop négatif. « Pourquoi devrais-je utiliser ma plateforme pour diffuser de la négativité, alors que le but même de la musique est de rapprocher les gens ? » Les applaudissements du public font guise d’acquiescement. À travers ce discours et en seulement quelques minutes, la jeune californienne a totalement dépeint l’essence du festival.

 

 

 

 

23h. Reverie monte à son tour sur scène. La rappeuse, qui évolue dans le même univers que son prédécesseur Blimes Brixton, est une figure emblématique de la scène underground hip hop de Los Angeles. Elle entraîne immédiatement le public avec son flow sanglant et ses textes revendicatifs.  L’atmosphère intimiste de la Machine (la scène et si petite et si proche du public, que l’on pourrait croire que les chanteurs se produisent dans notre salon) avantage cette transmission d’énergie. Lorsqu’on la voit se produire sur scène, on comprend mieux pourquoi la MC cite parmi ses influences les plus importantes Missy Elliot, J Dilla ou encore Remy Ma.

 

Simultanément, un collectif d’un tout autre genre débute son set. Pink Kink est un quintet haut en couleur, au style indéfinissable. Ils décrivent leur style musical comme étant « psycho-tropical-bubble-what ».
Pas certains que cette définition parle à l’ensemble de nos lecteurs mais une chose est sure : le groupe à de l’énergie à revendre. Leur performance était à l’image de leur univers : colorée, pétillante, décalée et mémorable.

 

 

 

Si nous n’avons malheureusement pas pu assister à l’intégralité du show, qui s’est poursuivi jusqu’à l’aube, nous pouvons néanmoins dire avec certitude que Les femmes s’en mêlent tient ses promesses. L’éclectisme de la sélection musicale prouve encore une fois le réel désir du festival de s’adresser à un public le plus diversifié possible. C’est dans une logique d’inclusion, de partage et de rassemblement que l’évènement a lieu chaque année. Prôner la présence de plus en plus importante des femmes dans un milieu qui ne les a pas toujours traités à leur juste valeur, et honorer leur contribution dans ce domaine se présente à l’heure actuelle comme quelque chose de nécessaire.  Et c’est sûr, l’année prochaine on y retourne.

Eden Kuvula

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