In the fade : Dame vengeresse

In the fade, présenté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes a valu le Prix d’interprétation féminine à Diane Kruger. Ce drame réalisé par l’allemand Fatih Akin est le premier que l’actrice tourne dans sa langue maternelle, un retour aux sources magistral vu l’interprétation qu’elle nous offre.
Elle y incarne une habitante de Hambourg (Katja) perdant son mari d’origine kurde et son fils suite à un attentat à la bombe. Des terroristes néonazis se trouvent derrière cet acte, Katja continue à vivre dans le seul but d’obtenir justice et de venger sa famille.

 

 

Le film se décompose en trois parties montrant ainsi l’évolution du deuil et les différentes émotions traversées. Le réalisateur a vraiment choisi de rester centré sur le personnage de Katja et sa vengeance, la façon de tourner nous met d’autant plus en totale immersion. On a cette impression de ne plus être simple spectateur, comme si on devenait cette femme, partageant avec elle ses émotions, ses doutes, ses sensations. Diane Kruger y est magistrale, le film repose entièrement sur son jeu, c’est d’ailleurs un parti pris du réalisateur.
En effet, la dimension politique due à la présence de partis néonazis dans le film est minime, en tout cas tout à fait implicite. Ce sont des assassins avant d’être des nazis. Cela reste dommage vu le contexte actuel, d’autant plus que In the fade traite de faits réels et d’un procès qui est toujours en cours.

 

 

Plusieurs questions sont tout de même soulevées, notamment en ce qui concerne la justice qui est montrée comme étant défaillante. La reconstitution méticuleuse du procès, étape par étape, s’apparente ici comme à une partie d’échecs truquée où chaque partie s’efforce d’avancer scrupuleusement les pions.

En terme de réalisation il n’y a pas forcément quelque chose de nouveau. Il y a une sobriété au niveau de la photographie qui était essentielle afin de ne pas amener trop de lourdeur au film, contrastant ainsi avec l’histoire.

In the fade illustre le combat de « ceux » qui restent, dans ce cas une véritable vengeance à mener. La fin peut paraître surprenante en terme de message délivré, cela n’a pas empêché le film d’obtenir le Golden Globe du meilleur film étranger et il est d’ailleurs toujours en course pour les Oscars.

 

Marie

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