[INTERVIEW x ISHA] – « Je pense qu’il fallait un changement, je le sentais au plus profond que beaucoup de choses devait changer. »

 

PP :  Salut Isha 

Yo, salut.

PP : On se retrouve plus d’un mois après la sortie de ton projet La vie augmente Vol.1, quel est ton bilan ? Les retours ? Satisfait ?

On est vraiment satisfaits enfin moi personnellement je suis vachement satisfait. Les retours sont hyper positifs mais ce qui me marque le plus c’est les critiques des journalistes : ils ont vraiment capté l’essence du projet, ils ont compris qui j’étais, mon style d’écriture, toutes mes facettes ont été comprises à 100% et c’est super étonnant.
Tu sais quand on prépare un projet on a nos convictions à nous mais on ne sait jamais si ça va convaincre pour le reste, et là on s’aperçoit qu’ils ont compris le projet comme nous on l’avait compris. Parfois ça fait même flipper, on a l’impression que le journaliste était avec toi en studio tellement qu’il a compris ta musique.

PP : Pourquoi VOL.1 ? Tu comptes en faire ta marque de fabrique avec plusieurs « La vie augmente Vol.2 3 4 ? » ?

 

Ouais bien sûr c’est le projet : volume.1 puis 2 qu’on espère faire dans 6 mois. La Vie augmente c’est un état d’esprit tant que cet état d’esprit est présent pourquoi pas continuer 2 ,3 peut être 4 même, tant que je suis dans ce chapitre de La vie augmente et que je suis pas satisfait de l’augmentation je vais la pousser au maximum.
J’aime bien le format aussi, les projets avec trop de titres ça me plait pas, j’ai l’impression que les petits titres c’est un bon délire, ça va plus vite, y a moyen d’en faire deux par an. Mais pour répondre à la question ouais y en aura encore.

PP : On peut retrouver un feat sur le projet, avec JeanJass, pourquoi ce choix ? C’était obligé de poser sur sa prod haha ?
Je suis pas un mec qui prévoit, j’aime quand ça se passe au feeling . Il s’avère que quelques jours plutôt il m’envoie une instru en me disant qu’elle est pour moi, qu’il me voit bien dessus. Vu qu’il connait bien mes goûts j’écoute et ça fait aucun doute que je dois poser dessus, je commence à écrire Salon de l’auto, ensuite on s’est vu en studio et ça s’est fait tout seul, il était en train de peaufiner Double hélice 2 et j’ai remarqué que dans cet album ils avaient vraiment travailler les refrains, y a une science du refrain, c’est ce qui m’avait frappé.
JeanJass il s’est amélioré dans les mélodies, il s’est laissé aller. Du coup je lui ai demandé s’il était chaud pour faire un refrain, on l’a écrit à deux en dix minutes. Il s’est aussi tellement investit pour mon projet qu’il devait poser dedans, j’adore ce qu’il fait en plus, surtout Double hélices 2, ils ont vraiment pris un gros niveau.
Au final ça s’est fait au feeling tout naturellement, même lui a été étonné quand je lui ai demandé de faire le refrain il avait pas capté que je voulais pas juste qu’il l’écrive mais qu’il le pose aussi. Mais voilà il l’a fait et ça donne Salon de l’auto, le seul feat du projet.
PP : Peux-tu nous parler des producteurs présents sur ce projet ?

Pour les producteurs on a commencé avec des gens de la ville, y a Lex Luthor avec qui on collabore depuis longtemps qui a fait S.O.A.B, y a son gars Reza qui a fait Yipiya,  BBL (Bébé Louis) qui a fait Oh putain, c’est un jeune de Bruxelles, le petit frère de Tyron X qui rappe aussi, naturellement on retrouve Veence Hanao qui a fait l’intro et Colette, il a aussi arrangé la moitié du projet , JeanJass il a fait deux prods : Frigo americain et Salon de l’auto, y a Eazy Dew qui est pas mal présent dans le paysage français en ce moment il bosse beaucoup avec Josman, c’est comme ça que je l’ai découvert, dès que j’ai entendu Josman j’ai su que je voulais bosser avec Eazy Dew, après mon son Tony Hawk il m’a suivi sur insta, il a liké des trucs, on s’est contacté, il m’a envoyé une prod  un soir et le lendemain j’ai rappé le morceaux.
Puis y a Ozhora Miyagi sur 3h37 un mec de Liège qu’on a plus besoin de présenter je pense.

 

 

PP : Pourrais-tu développer un peu la démarche artistique de la cover ?

La Vie augmente c’est vraiment un délire où on laisse les mauvaises choses du passé derrière, on se concentre sur l’avenir, et on fonce.
Je pense que la meilleure façon de résumer ça c’est mon sourire, c’est mes dents du bonheur, toute ma vie j’ai entendu  «ah il a les dents du bonheur » ou les dents de la chance, mon sourire il est un peu étrange (ma mère elle dit qu’il fait peur) mais il me ressemble, puis y a aussi mon côté bordelique avec cette barbe qui part dans tous les sens et qui est mal taillée, ça me représente bien tout ça, mais le sourire est sincère. Tout ça ça veut un peu dire on y croit et on va tout faire pour.

PP : Quel rôle à jouer Mike Toch sur ce projet ? Tu pourrais nous le présenter ?

Mike Toch c’est mon producteur et un de mes plus fidèles amis, à la base il m’avait donné accès au studio, pour que je puisse poser un peu quand je voulais, parfois c’est la galère de studio. Au début il était question de rien, moi je m’exprimais juste, j’avais envie de reprendre un peu, puis il a écouté 3h37 il a voulu qu’on bosse le truc sérieusement, du coup il est devenu mon producteur mais il a aussi fait la direction artistique, les morceaux qui allaient pas, les retouches… il touche à tout Mike, de base c’est vraiment un mec de terrain maintenant il a plus trop le temps pour être en studio mais à l’origine c’est son truc. C’est quelqu’un qui m’a surtout donné ce qui est primordial pour un artiste : un lieu d’expression. Il m’a donné de quoi créer pour ensuite pouvoir le produire, donc l’aspect financier c’est lui aussi sur le Zone51/A.R.E Music .

PP : Tu conclus ce projet avec le titre « Frigo Américain », et ce qu’on retient de ce titre et un peu du projet c’est 2 mots « Tout niquer ». T’as les crocs aujourd’hui ?

 

Frigo Américain c’est le titre le plus sincère avec La Vie augmente, la sincérité c’est l’enfance, les deux sons je les affectionne beaucoup et ils sont liés : je commence avec l’un où je parle de mon enfance, de l’évolution, l’autre je replonge dans mon enfance. C’est le dernier son parce que je voulais terminer par une touche d’espoir, le frigo américain un jour on l’aura, c’est une symbolique, n’oublions pas nos rêves faut tout niquer pour y arriver. Maintenant tu me demandes si j’ai les crocs, ouais j’ai les crocs et encore plus qu’hier, quand j’entends tous les retours et l’engouement autour du projet, je me dis que le suivant doit être mieux, ça me met pas la pression mais ça m’excite en fait de devoir faire plus lourd, et là je suis dessus, j’y travaille.

PP : On voit souvent apparaître de près ou de loin autour de toi des artistes comme Caballero, Romeo Elvis, JeanJass, Hamza… qu’est-ce que tu penses de la mise en avant ces 2 dernières années de la scène belge ? Enfin la reconnaissance méritée ?
Ouais tu peux me voir avec tous ces types que t’as cité, déjà parce que Bruxelles c’est petit, on se connait tous, moi par exemple ça fait des années que je bosse avec JeanJass, après ouais la reconnaissance de la scène belge elle est méritée je trouve, ils sont talentueux tous ces mecs-là puis c’est des bosseurs, ils ont une bonne vision du game, ils font tout eux même, tout sort de leur tête donc c’est mérité.
Je suis content pour eux, ils se sont mis au boulot y a quelques années et ça commence à payer, j’espère qu’ils arriveront à faire monter tout ça, contrairement à moi qui suit en retard parce que je viens de commencer le truc, eux ils sont dans un virage décisif, c’est maintenant qu’on va voir s’ils vont réussir à rendre le truc populaire mais moi j’ai aucun doute ils vont y arriver. Je les remercie aussi de me donner de temps en temps cette petite exposition qui apporte que du bien. Pour ce qui arrive en Belgique je suis vraiment content, les médias en parlent de plus en plus, maintenant espérons qu’on va vendre des disques, ici on a des vendeurs mais ils sont pas nombreux, faut créer une économie avec tout ça maintenant.

 

 

PP : Comment s’est fait la rencontre avec ces artistes ?

Les rencontres c’est toujours la même chose, une connaissance en commun qui nous connecte. Caballero on a les mêmes amis d’enfance, JeanJass ça s’est fait via Yassine, l’ancien producteur d’Hamza, Moussa, c’est un ami d’enfance aussi. Après il peut y avoir un truc humain qui se créer avec ceux que je connais plus fraichement comme Roméo, c’est les autres qui me l’ont présenté mais j’ai tout de suite senti un truc vrai chez ce mec qui fait qu’on peut discuter tranquille et être bien ensemble.
PP : Pourquoi être passé de Psmaker à Isha ?

Je pense qu’il fallait un changement, je le sentais au plus profond que beaucoup de choses devait changer. Y a eu un changement dans la manière de travailler, le sérieux, tenir ses engagements. Avant le rap c’était un truc que je faisais au feeling, que je faisais quand je voulais, maintenant y a des délais, les gens attendent que je donne le meilleur de moi-même alors le premier changement ça a été de rependre mon nom de baptême tout naturellement, ça s’est fait tout seul, même si Mike m’a un peu suggéré l’idée.

PP : C’est quoi tes 3 films préférés ? Tes 3 séries préférés ?

Je commencerais par Forest Gump, je trouve ce film super bien réalisé, la performance d’acteur de Tom Hanks est ouf, j’adore l’histoire de ce mec qui a plusieurs vies, et je crois au fait que ta vie soit faite de chapitres et que tu puisses y faire pleins de choses selon les moments.
Après je dirais La Haine et Menace II Society qui m’ont vraiment marqué. Mais je regarde pas énormément de films, ces dernières années j’en regarde plus trop et je regarde pas de séries, j’ai remarqué que quand j’en regardais au bout d’un moment je décroche, y a des éléments dans les histoires qui me font décrocher du reste puis je me fais un film dans un film et c’est même plus agréable.

PP : Quelles ont été tes influences dans le rap ?

Au début c’était le rap ricain, c’était vachement New York, du coup c’était les Ruff Riders, DMX , Biggie, The Lox, toute cette école-là puis quelques mecs du Queens .
En rap français, mon premier choc c’était Sacrifice de poulet de Ministère amer, après y avait la compil rap attitude, l’Ecole du micro d’argent, tous ces classiques là c’est un peu la même pour tout le monde en fait.

PP : Pour les clips, t’as des réalisateurs dans le cinéma qui t’inspire ?

Tarantino, quand tu regardes un de ses films c’est là que tu comprends pourquoi le cinéma est un art. Y a une scène dans les 8 salopards où des chevaux courent en slow motion avec une musique de fond qui est vraiment ouf, c’est un réel artiste ce mec, donc Tarantino sans hésiter.

 

 

PP : C’est quoi la suite pour toi ?

Déjà le volume 2 de La Vie augmente, je suis dessus, en train de l’écrire, d’y penser, de réfléchir à la forme tout ça. Sinon là on a déjà pas mal de dates de concert, ça nous occupe bien mais j’espère qu’on en aura encore plus parce que je me rends compte que sur scène je vis le truc au maximum, l’échange avec le public c’est l’aboutissement de tout mon travail, la suite c’est ça, la vie augmente gros.

 

PP : Le mot de la fin ?

Ça sera un grand merci à tous ceux qui me booste, qui partage, ceux qui critique la musique, les gens avec qui j’échange, ceux qui viennent aux concerts, un merci à vous tous les médias aussi, merci à vous, yo.

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