[INTERVIEW x L’IMPERATRICE] Solidays 2018

À l’occasion de la 20e édition du festival Solidays, on a rencontré (de gauche à droite) Achille (guitare), David (basse), Flore (chant), Hagni (claviers), Tom (batterie) et Charles (claviers), les six très fun et colorés membres du groupe L’Impératrice à qui nous avons pu poser nos nombreuses questions.

C’est votre première fois à Solidays, l’Impératrice, est-ce-que c’est important pour vous d’être là ?

Flore: Oui c’est très important. Forcément c’est important parce que c’est quelque chose qui touche déjà beaucoup notre génération. Je pense que c’est un sujet qui nous concerne en particulier même si je pense qu’on fait pas le tri non plus dans les festivals engagés. On se dit pas on va jouer plus à celui qui traite de ça ou ça mais c’est vrai que forcément ça nous touche et c’est important je pense aussi en tant que musicien de participer à ce genre d’événement. On en avait fait plusieurs l’année dernière, Ocean Climax par exemple qui était un festival pour la préservation des océans à Bordeaux. Et voilà, nous on est toujours contents si on peut jouer et aider des causes comme ça c’est … que du plus.

Comment était cette première fois sur la scène Bagatelle, la deuxième plus grande scène du festival ?

Flore: Très impressionnant.

Charles: Oui assez impressionnant, tu sens qu’il y a un public bienveillant, très bienveillant, et qui te connaît pas forcément, mais qui vient parce qu’il se passe un truc très réceptif. Et dans l’idée où justement t’étais là pour participer à quelque chose de fédérateur, de voir autant de gens, symboliquement, c’est vraiment bien d’en faire partie je trouve. On est très content, le concert s’est bien passé, il faisait beau…

Comment vous êtes vous rencontrés tous les six?

Achille: Dans une boite échangiste… un peu glauque à Pigalle. (Rires)

Flore: Eux ils se connaissent depuis… très longtemps.

Tom: Nous on était dans la même école. C’est Charles qui a rencontré Hagni, Hagni m’a appelé parce qu’on se connaissait, après Hagni connaissait David et Achille.

Flore: Et moi je connaissais personne…

Vous n’étiez pas tous potes en fait ?

Tom: On l’est tous maintenant mais la chronologie et les connaissances de chacun, c’est vraiment le hasard qui a fait les choses.

Flore: Moi je suis arrivée après, j’avais rencontré Charles après, il y a trois ans maintenant.

Est-ce que ça fonctionne bien à six dans le processus de création ? Sur scène.. vous arrivez à fonctionner ?

Tom fait non de la tête. (Rires)

Achille: Là-bas y a un problème…

Flore: Forcément plus on est de fou plus on rit. Non c’est super chouette.

Charles: On a tous une direction artistique, musicale, on se complète tous les uns les autres, ça se passe très bien, on est bienveillant.

En privé aussi ou c’est juste pour l’interview ?

Charles: Non on a dit la vérité, lui là-bas au fond… (Rires)

Non, mais tout le monde est bienveillant.

Comment ça se passe en festival, à l’air libre, vous vous sentez à l’aise ? Ou est-ce que vous préférez jouer en salle ?

Charles: Je dirais que c’est un exercice difficile le festival parce que quand tu fais une salle tu sais que les gens viennent te voir toi, là en l’occurrence la programmation est multiple et du coup, aujourd’hui par exemple on a joué en même temps que Polo & Pan . C’est délicat parce qu’il faut trouver un moyen de garder des gens. Et je sais pas si on est encore tout à fait à l’aise avec l’idée de jouer devant 20 000 personnes mais ça s’apprend après. Pour l’instant je dirais qu’on est plus dans un mood club tu vois, genre salle de 500 , 600 personnes ou 1000 , ce qui nous correspond le mieux encore mais voilà , ça s’apprend. Tu joues pas de la même manière, tu t’adresses pas aux gens de la même manière. Il y a une écoute qui est très différente. Faut s’adapter aussi.

Flore: Ce sont deux exercices très différents mais je pense qu’on préfère les clubs. Il y a un truc plus organique. Par exemple là, une grande partie des gens nous voyaient sur les écrans et ne nous voyaient même pas en vrai donc forcément c’est une réception qui est très différente alors qu’en club on est là, y a un truc hyper fort, hyper spontané quoi.

L’avantage du festival c’est que les gens peuvent aussi vous découvrir

Flore: C’est ça, et ça c’est super et puis on a vu plein de groupes qu’on aime bien, des potes ou des pas potes, on rencontre des groupes qu’on admire et c’est chouette et puis c’est une super ambiance les festivals d’été.. On en fait beaucoup cet été, Calvi Biarritz… Ça va être chouette.

Est-ce qu’Instragram est un outil important pour vous ? Est-ce que vous postez beaucoup pour être plus proche de votre public ?

Flore: C’est important parce qu’on a toujours une relation assez forte avec notre public, on n’est pas vraiment un groupe de… enfin avec l’album ça a un peu changé mais on n’est pas un groupe de médias forcément, on a peu eu vraiment une couverture médiatique avant l’album et insta permet d’avoir un contact direct avec le public et notamment montrer tout le off, ce qui est quand même assez excitant pour les gens.

Charles: S’il y a une chose que j’aime bien avec Insta c’est qu’on crée une proximité et on veut pas pas être le groupe inaccessible que tu vois en couverture de magazine. Nous on est vraiment sur une démarche de laisser les gens venir à nous et on court pas derrière les médias, on n’est pas là à vouloir avoir un espèce de battage de photos, d’articles, d’interviews parce que ça tourne vite en rond.

Vous pensez qu’Instagram aurait pu vous aider à vous faire connaître?

Flore: On sait pas trop. Je sais pas si ça aide à faire connaître, je pense que c’est pas forcément le but, après t’as des filles par exemple Angèle, Instagram l’a vraiment aidée à se faire connaître , ça a été son premier tremplin. Nous c’est plutôt l’inverse, c’est plutôt les gens qui nous connaissent déjà, ils viennent voila tu vois, voir l’enfer du décor..(Rires). C’est un lapsus ! L’envers du décor. Sortez-moi de là… (Rires)

Charles: On fait des blagues, on fait des trucs un peu second degré. Mais même à la fin des concerts y a ce truc où on va parler aux gens, on reste pendant beaucoup de temps, on signe des trucs on leur parle… c’est important.

Vous faites attention aux médias que vous sélectionnez donc, au rythme de votre promo?

Charles: Ouais on fait assez attention, bon là avec l’album c’est différent parce que t’as des obligations de promo compte tenu de la somme qu’on a dépensée pour l’album . Ça coûte très cher aujourd’hui de faire un album, faut jouer le jeu aussi pour permettre aux gens de te découvrir. Mais on a plus eu l’habitude de laisser les gens venir vers nous, de choisir un peu nos interviews, télé.. Moi je sais qu’avant je voulais pas qu’on fasse de télé.

Ces derniers temps ça a beaucoup bougé pour vous, comment est-ce que vous le ressentez ? Toute cette nouvelle médiatisation…

Charles: Je suis pas sûr qu’on s’en rend vraiment compte… C’est surtout en fonction du nombre de dates de concert et d’interviews mais…

Flore: On le ressent aux concerts oui, on remplit plus les salles et on a eu une super tournée au printemps, on a eu un accueil du public qui était incroyable mais après en terme de médiatisation on n’a pas forcément senti les conséquences là-dessus, sur notre vie quotidienne.

Et pourquoi l’Impératrice ?

Charles: C’est un peu bête mais au début j’étais journaliste quand j’ai créé le projet et je me sentais pas légitime en tant que musicien, j’avais besoin d’un paravent, un pseudo, créer un univers, susciter des fantasmes, et je trouvais marrant l’idée qu’un mec se cache derrière un nom de meuf qui n’est pas vraiment défini. L’impératrice c’est une image, c’est pas un personnage, c’est pas comme si j’avais appelé le groupe la Castafiore quoi. Il y a un truc de puissance, d’élégance, que j’aimais bien.

Estelle M.P

Crédit photo : Virginie Michelle Rose

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