[INTERVIEW x Victor Saint Macary] – Réalisateur du film Ami-ami

Salut Victor, alors heureux que ton film sorte ? Tu te sens comment ?
J’ai l’impression d’avoir littéralement accouché. Du coup, je suis content que le film soit sorti mais dans le même temps je fais un « petit baby blues ». Et je suis très attentif à comment cet enfant évolue (entrées et retours spectateurs).

 

C’est quoi les retours que tu as eu pour l’instant ?
Dans l’ensemble c’est plutôt positif. Personne ne crie au chef d’œuvre mais le film n’a jamais été pensé comme ça. Avec Pierre Guyard, le producteur, on a toujours voulu faire un film humble et sans prétention, un film sympathique et attachant. Je crois que l’objectif est atteint. Après, je prends des critiques sévères aussi. J’apprends à m’endurcir et à être moins sensible, ça fait partie du métier.

 

C’était quoi ton objectif et ton envie en faisant ce film ?

Je voulais faire rire les gens. Les émouvoir. Je voulais que le film soit touchant et très drôle. J’avais aussi envie de révéler de jeunes acteurs extrêmement talentueux. Je suis très amoureux de mes acteurs, et je voulais partager cet amour avec le public.

 

Pourquoi avoir choisi le format de la BD pour le générique ? Comment ça s’est fait ?
Je suis fan de BD. C’est ma mère qui m’a transmis cette passion. Elle m’emmenait petit Rue de la Roquette dans le 11ème arrondissement à Paris dans un magasin spécialisé. C’était magique pour moi.

Le générique animé permettait de raconter l’amitié fusionnelle entre les deux personnages principaux tout en donnant le ton du film. Et avec le producteur ça nous excitait de faire un vrai générique à part entière, ce qui est devenu assez rare dans le cinéma français.

Une de mes idoles en BD, c’est Winschluss. Je lui ai envoyé la séquence scénarisée et il a dit oui tout de suite. C’est un cadeau pour moi d’avoir son travail dans mon film.


Comment t’as fait le choix du casting, c’est plus des copains ou c’était vraiment ces acteurs que tu voulais ?
A part Jonathan, avec qui j’avais fait un court et avec qui j’avais envie de retravailler, je ne les connaissais pas personnellement.

William avait joué dans « Les Combattants » de Thomas Cailley avec qui j’ai écrit. Et lui et Pierre Guyard ont attiré mon attention sur cet acteur en me disant que c’était le futur grand de sa génération.

Pour ce qui est de Margot, je l’avais vue dans Les petits princes et Five, je trouvais que c’était une actrice physique, une actrice de corps, et elle me plaisait pour ça. On a fait des essais avec William et il y a eu une connivence immédiate.

Camille, c’est la découverte pure, la petite pépite du casting. Ses essais étaient géniaux. Elle avait cette joie, cette malice qui faisaient du bien au personnage.

 

Pour toi, la jeunesse actuelle est bien plus complexe qu’auparavant dans leurs relations ? Qu’est ce qui a changé ?

J’ai répondu à cette question pour Twenty Magazine, et j’ai dit ça « Je trouve que par rapport aux gens de ma génération; j’ai quand même trente-sept ans maintenant, votre génération est plus mature. Le numérique vous a surconnecté, surinformé et en même temps vous êtes dans une recherche de bulles protectrices (amis, famille), pour vous armer face au monde extérieur que je trouve difficile. On vous impose aussi une dictature de la réussite. Il y a une pression sociale sur les jeunes de trouver sa place tout de suite, comme si on devait être efficace, avoir un statut. C’est dur ce que vous vivez mais vous avez des vraies aspirations à la liberté et à la création, que je vois sur Internet. Vous vous donnez les moyens ce que je trouve chouette. Vous faites plus de choses que nous à votre âge. Le monde reste brutal mais vous le rendait plus doux en étant créatif, en vous organisant, en proposant. Là-dessus vous êtes fort, je vous tire mon chapeau. C’est rassurant la génération qui arrive est plutôt chouette.

 

Toi aussi tu vivais en coloc à 25 ans avec ta meilleur amie, c’est quoi la différence entre toi à 25 ans et Vincent ?
Moi j’avais moins de problèmes à dire les choses. J’étais même trop grande gueule. Et j’étais plus en colère. Je me suis calmé en vieillissant. Je suis plus serein aujourd’hui qu’il y a 10 ans.

 

Faire jouer ta famille dans le film c’était pas trop stressant ? Ils avaient déjà jouer avant ou c’était une première ?
C’était plus émouvant que stressant (mon père dira peut-être le contraire). Ca m’a vraiment fait quelque chose de diriger ces gens qui comptent pour moi. Je suis heureux qu’ils fassent partie de ce premier film. Et oui c’était une première.

 

Le plan séquence de la bagarre dans l’appartement était cool à tourner ?
C’était génial à faire. On a beaucoup répété. C’était une véritable chorégraphie. Les acteurs, les techniciens, les pompiers, tout le monde devait être au diapason. A chaque prise on retenait son souffle. Et quand on a réussi le plan, il y a eu une vraie joie sur le plateau, tout le monde était très fier. C’était beau à voir cette cohésion de groupe.

 

C’est quoi le plan dont tu es le plus fier à part celui-ci ?
J’aime beaucoup le dernier plan. Le regard de William est génial.

T’as préféré travailler sur Le Brio ou sur ami-ami ? C’étai quoi la grande différence mis à part le fait qu’ami ami se soit vraiment ton « bébé »

Oui c’est deux exercices très différents. « Le brio » c’est vraiment le film d’Yvan. Et je trouve que c’est très réussi. « Ami-Ami » y a lien émotionnel fort. Comme vous dîtes c’est mon bébé. Je l’aime très fort. Mais je peux aussi parfois être dur et critique avec lui. Mes sentiments varient. Comme dans une relation amoureuse en fait.

 

Tu avais déjà tourné avec Jonathan Cohen sur Beau-Papa, t’avais pas trop peur de ne pas pouvoir canaliser ses impros sur le tournage ? Comment ça s’est passé le tournage avec lui ?

Jonathan a besoin d’improviser. C’est un moteur pour lui. Moi je suis très client. J’aime que les acteurs prennent du plaisir et s’approprient la scène. Mon rôle c’est juste de rappeler de temps en temps ce qu’on est en train de raconter. Je rappelle l’histoire et la psychologie du personnage. Mais c’est un plaisir de le voir bosser, c’est ultra généreux.

 

Ce qui m’a le plus marqué dans le film c’est le jeu des lumières, la colorimétrie des néons, c’était quoi la volonté lors de la réalisation avec les couleurs ?
On avait envie avec David Cailley, le chef op’, de couleurs vives, de couleurs primaires assumées. Et on avait envie de passer de scènes très réalistes à des scènes plus fictionnelles donc plus travaillées à la lumière. Je suis très fier de la gueule du film.

 

Si tu devais résumer ton film en ….

Une couleur ? Rouge feu

Une saison ? Fin de l’hiver, quand la neige commende à fondre et qu’on peut skier en t-shirt

Un parfum de glace ? Stracciatella

Une boisson ? Du vin qui pousse sur de la rhyolite

Le mot de la fin ? A bientôt j’espère

 

 

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