Jeu, set, Emma(tch)

1972, aux Etats Unis, la grande championne de Tennis Billie Jean King rafle tout sur son passage. Devenant ainsi la sportive la mieux payée du pays, elle va alors commencer son combat afin que les femmes soient autant respectées que les hommes sur les courts de tennis et au-delà. L’ancien numéro un mondial Bobby Riggs, champion misogyne par excellence, va alors la défier lors d’un match historique afin de prouver la supériorité masculine.

Le duo gagnant de Little Miss Sunshine, Valerie Faris et Jonathan Dayton, revient ici pour nous livrer l’adaptation de ce pari sportif aux allures de télé réalité. On se retrouve immédiatement plongé au début des 70’s, la fraîchement oscarisée Emma Stone a troqué ses claquettes contre une raquette au service d’une vraie révolution féministe. Un an après l’élection de Trump et en plein milieu de cette tempête Weinsteinienne, on ne pouvait pas trouver plus au goût du jour. On se retrouve totalement pris d’empathie pour le personnage de Billie Jean King, cette courageuse s’étant lancée dans cette tempête et se battant à la fois pour les femmes et pour elle.
Steve Carell incarne un Bobby Riggs macho et burlesque à la perfection, tout à fait détestable et pourtant attachant à la fois avec son côté enfantin accro au jeu. C’est un véritable joueur, trouvant ainsi un pari à la finalité exécrable de taille et lui permettant de retrouver goût à la vie mais surtout le devant de la scène.

Ce “match-show” pour reprendre une réplique du film, va alors se transformer en total spectacle dont les coulisses sont suivies par les médias de tout le pays. Les américains assistaient alors à l’époque à ce qu’il semble être les prémices de la télé réalité.
Le travail de reconstitution tout au long du film est très bien effectué, de la photographie à la bande son, des décors aux costumes, il n’y a presque pas de fausse note (le tout à la sauce hollywoodienne tout de même). Notamment lors de la dernière demi-heure avec la reproduction bluffante de ce fameux match.
La musique de Nicholas Britell vient porter chaque moment fort du film, nous amenant d’autant plus dans cette “bataille des sexes”.

 

 


 

Presque 50 ans après les faits, on se rend compte que les problèmes discriminatoires soulevés par le personnage d’Emma Stone sont, pour la plupart, toujours d’actualité. En voyant cet affrontement des sexes médiatiques on ne peut s’empêcher de repenser à la fameuse course de l’an passé Clinton/Trump. Bobby Riggs ayant dans le film de nombreuses paroles extrêmes poussées à leur paroxysme semblables à ce cher président américain. À croire que le triste mot d’ordre reste le même, le divertissement.
En ce qui concerne « Battle of the sexes »,
cela fonctionne, loin d’être la perle de l’année mais un vrai feel good movie, au service d’un beau symbole féminin libérateur. Balle de match !

Marie

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