L’Afrique et son trésor empoisonné.

Récompensé par la 7ème édition du prix Landerneau Polar 2018, « Kisanga », entre roman d’espionnage et thriller politique, traite de l’Afrique, de ses richesses et de ses jeux d’influence…

 

 

« Kisanga » d‘Emmanuel Grand, c’est l’histoire d’une Afrique en mutations économiques, de jeux de pouvoir autour de son trésor empoisonné dans son sous-sol.

Tout commence par des applaudissement nourris : la compagnie minière Carmin célèbre le lancement de Kisanga, un partenariat historique avec le groupe chinois Shanxi pour coexploiter un incroyable gisement de cuivre tapi au cœur de la savane congolaise. Joli coup de com’ avant les élections, on sabre le champagne et on se frotte les mains en pensant aux profits qui couleront à flots cette nouvelle alliance inattendue sur le sol africain.

 

« Kisanga…Je vous l’ai dit, c’est le jardin d’Eden. Ce pays suinte le cuivre. La terre est rouge comme le sang. C’est le paradis pour des gens comme nous. »

 

Les délais sont courts, le projet Kisanga doit être inauguré dans trois mois, mais on réussit à y envoyer un groupe d’employés, dont Olivier, un ingénieur. On profite de l’occasion pour rendre un dernier hommage à l’un des cadres de Carmin, décédé dans des circonstances suspectes… Parallèlement, Raphaël, journaliste d’investigation qui a déjà travaillé sur un scandale mettant en cause Carmin il y a quinze ans au Congo, obtient de son journal d’aller là-bas enquêter sur le nouveau projet, tandis que les services français font appel à leur meilleur barbouze pour retrouver un dossier brûlant disparu à l’est du Congo. Tout ce petit monde va se retrouver au Congo, essayant de récupérer les documents compromettants…

Avec une mécanique bien huilée, l’histoire prend vite la forme de trois mois de course-poursuite haletante au cœur de la savane katangaise et sur les pistes brûlantes du Kivu, pour découvrir ce que dissimule le nom si prometteur de Kisanga. Une course contre la montre entre des mercenaires armés jusqu’aux dents, un ingénieur pas si naïf chargé de piloter Kisanga et un journaliste qui sait bien que sous le discours du pouvoir, se cache parfois une réalité sordide.

On est pris dès le début par ce polar politico-économico-financier très noir, cette histoire de manipulation, où la vérité se dérobe jusqu’à la dernière page. Sur fond de conflits armés entre pays africains, d’opérations humanitaires menées par la France dans les années 1990, d’embargo sur les minerais, d’implantations chinoises, d’intérêts commerciaux vénaux, de rétro-commissions au profit de responsables politiques et d’enfants esclaves, Emmanuel Grand dresse une image inquiétante et inégalitaire des effets de la mondialisation en Afrique.

 

 

Emmanuel Grand, un sacré lauréat.

Emmanuel Grand est un auteur de roman policier. Diplômé de l’ESSEC Business School (1985-1988), il travaille chez Orange comme Directeur E-boutiques & Web Agency, depuis 2011 et comme Responsable Communications écrites, depuis 2016. Son premier polar, « Terminus Belz » (2014), a conquis la presse et les libraires. Il a remporté les Prix PolarLens 2015 et le Prix Polar SNSF 2016. « Les Salauds devront payer », son deuxième roman, est paru en 2016.

 

 

Le prix Landerneau c’est quoi ?

Créés en 2008, les prix Landerneau des Espaces Culturels E. Leclerc accompagnent l’actualité littéraire tout au long de l’année : prix Landerneau Album Jeunesse, prix Landerneau Polar, prix Landerneau des Lecteurs et prix Landerneau BD. Les lauréats sont désignés par un jury composé de libraires des Espaces Culturels E. Leclerc et reçoivent une dotation de 6 000 € ainsi qu’une campagne de publicité dans la presse offerte par les Espaces Culturels E. Leclerc.

 

  • « Kisanga » d’Emmanuel Grand, Editions Liana Levi, 392 pages, 21 €

 

Cégé

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