Moi, Tonya c’est maintenant !

Un biopic sur la championne de patinage artistique Tonya Harding, retraçant ainsi autant sa vie personnelle que professionnelle. Extrêmement connue dans les 90’s suite à un grand scandale : en 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression.

 

 

Moi, Tonya est une sorte d’illustration parfaite du fameux rêve américain finissant en cauchemar. Cette fiction tournée à la manière d’un documentaire retrace à merveille les épreuves successives constituant la vie de Tonya Harding. À commencer par sa mère, sur la première marche du podium du parent toxique, interprétée par Allison Janney qui est simplement excellente.
Une histoire difficile, tragique, qui donnerait envie à environ 70% de la population de finir alcoolique ou en dépression mais retracée avec un scénario aussi brillant et virevoltant que sa protagoniste faisant ainsi rire une salle entière.
Le film de Craig Gillespie offre une galerie de personnages tous plus fous les uns que les autres, avec des acteurs souvent très ressemblants reproduisant par moment des faits réels semblant pourtant tellement improbables.

La violence se mêle à un humour noir omniprésent évitant ainsi de tomber dans une complainte qui aurait pu être facile où chacun essaie de sauver sa peau du bourbier dans lequel ils sont empêtrés.

 

 

Margot Robbie est métamorphosée, sa nomination pour l’Oscar est amplement méritée, elle livre ici le portrait d’une battante cherchant à être aimée et reconnue mais constamment victime. L’ultra médiatisation de l’affaire Harding est d’ailleurs habilement représentée, tel un divertissement pour le monde entier à la manière de l’affaire OJ Simpson (magnifiquement retracée dans la série American Crime Story).
La mise en scène n’a rien d’étonnant mais le montage et les musiques donnent une dynamique indéniable servant à merveille le scénario.
Mention spéciale pour les scènes de patinage, moments toujours charnières dans la vie de Tonya Harding où la caméra lui rend ainsi un regard juste et beau après toutes ces années.
Après avoir été récompensé aux Golden Globes et aux BAFTA, le film est nommé dans plusieurs catégories aux Oscars notamment face à 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance. Les personnages féminins un peu ravagés à l’humour piquant sont à l’honneur cette année, l’ère post Weinstein commence à merveille !

Marie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *