Musiques du monde : un impact indéniable

À l’instar de toute forme d’art, les frontières en matière de genre musicaux n’ont jamais été imperméables. Néanmoins, les évolutions sociogéographiques et le phénomène croissant de mondialisation ont considérablement modifié les processus d’échange, de consommation et même de création en matière de musique. L’uniformisation des modes de vie et de consommation a fortement impacté les œuvres culturelles, la musique n’étant pas une exception.

 

À une époque où n’importe qui (ou presque) est en mesure d’avoir accès à une radio, les influences de la world music sur les musiques occidentales est indéniable. Pour saisir l’impact de cette influence, il faudrait tout d’abord définir ce terme ambivalent : musique du monde. Que cela peut-il bien signifier ? Il s’agit tout simplement des genres qui ne s’inscrivent pas dans les courants musicaux occidentaux contemporains.  L’expression caractérise donc une multitude de modèles musicaux venus d’ailleurs, et regorge d’une richesse que l’industrie musicale occidentale a fini par saisir.

 

Deux genres valent mieux qu’un.


Suite aux phénomènes décrits, les délimitations entre les différents styles musicaux deviennent de plus en plus poreuses. Ainsi, nombreux sont les artistes qui décident de se tourner vers l’hétéroclisme musical, s’inspirant généralement de sonorités aux antipodes de leur style de prédilection.  MHD, précurseur du mouvement Afro Trap en France démontre l’efficacité de ce procédé. En fusionnant deux genres extrêmement contrastés : la trap courant musical créé au début des années 2000 dans le Sud des États-Unis et l’afrobeat, musique traditionnelle africaine puisant ses sources au Nigeria, il a réussi le pari risqué de concilier deux cultures antagonistes.

 

Un autre de ses comparses français, Naza incorpore régulièrement des éléments de la musique congolaise dans ses morceaux. Créant ce qu’on peut qualifier de ndombolo trap, ses chansons sont semées de références à cet univers musical dense. De la structure aux paroles, en passant par les fameux sébènes (solos de guitare relatifs à la pratique de la rumba ou du ndombolo) : il met en lumière à sa façon sa culture d’origine tout en l’intégrant au contexte musical occidental dans lequel il évolue.

Vers une convergence des goûts musicaux ?

Les deux exemples cités ne représentent qu’une faible partie d’artistes qui adoptent ces pratiques. Au niveau global, on assiste à un réel désir de la part des consommateurs d’œuvres musicales d’être exposés à des nouveautés, des harmonies que leurs oreilles n’ont pas l’habitude d’entendre au quotidien. De ce fait, la pluralité culturelle l’emporte et les artistes sont de plus en plus enclins à créer de la musique que l’on pourrait facilement qualifier d’hybride.

  Le canadien Drake par exemple originaire de la ville de Toronto, (qui dispose d’une très grande communauté issue des west indies) exprime cette influence dans bon nombre de ces morceaux. En insérant des rythmiques raggaedancehall à ses chansons (Work, Blem, Controlla…) il rend hommage à ces lieux et accentue l’impact et la portée de ces variétés.

 

Cela signifie que le melting pot musical auquel nous assistons n’est pas près de régresser, et que celui-ci permet dans une certaine mesure d’introduire, autant pour les créateurs que pour les consommateurs de nouvelles perspectives en matière d’œuvres musicales.  Aussi, il permet de confirmer le but premier de la musique, et l’art en général : rassembler les gens, et ce peu importe leurs différences.

 

KUVULA Eden.

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