Paname Underground, ou quand Zarca déFlore.

Ha, Paris. Certains font des milliers de kilomètres pour effleurer le temps de quelques jours le bucolisme parisien. D’autres quittent leur ville natale pour espérer un jour devenir un vrai parisien -d’adoption, certes. Mais la vérité est parfois dure à discerner dans le brouillard des nuits enchanteresses à mi-chemin entre beauferie et luxe à gogo. Oubliez tous vos prérequis, votre idyllique vision digne du Guide du Routard, vos chocolats chauds à la Gossip Girl au café de Flore, et ruez-vous sur le dernier ouvrage de Zarca, Paname Underground.

Gagnant du Prix de Flore (ex aequo avec L’invention des corps de Pierre Ducrozet, Actes Sud), prix qui récompense chaque année un jeune auteur au talent jugé prometteur, Zarca nous offre un grand dépucelage en règle de Paris dans son cinquième ouvrage, publié aux éditions Gouttes d’Or.

 

 

Mais vous ne connaissez pas Zarca ?

Pour comprendre un livre, il faut essayer de comprendre le pelo qui a eu l’idée saugrenue un matin d’aller chez un éditeur, et de lui donner une partie de soi, en format A4. Le mec qui un matin s’est levé avec le désire de rendre aux yeux de tous une vérité qui à jamais ne pourra plus être silencieuse, puis aussi avec la nécessité de payer ses factures.

Zarca, Johann de son prénom, c’est un blogueur, un journaliste, un auteur à l’écriture qui ferait faire une syncope à tous les universitaires et défenseurs de la langue ffrrannççaaiisseee. « On écrit pas comme on parle » : très peu pour lui. Zarca, c’est un homme qui te bouleverse tes points de repère littéraire. Déjà donc par son style, mais aussi pour sa verve crue, par ses métaphores sans filtre, par sa manière de mêler fiction et réalité. Et aussi par sa capacité à rendre crade ce qui est déjà à la base pas mal crade.

Et le bouquin du coup ?

Pour son cinquième livre, Zarca reste fidèle à ce qu’il connait, à ce qu’il a vécu. Il paraît que pour bien écrire, il faut écrire ce que l’on sait. Et il en sait des choses le bonhomme.
Le pitch ? Une longue ballade pas très (du tout) romantique dans tout Paris sur 250 pages ; en gros le livre qui ne va absolument pas te rendre nostalgique de ne plus pouvoir poser tes petits cadenas d’amoureux au Pont des Arts.

 

 

« Direct, je flanque à l’épave une golden dans la bouche, le fils de pute se rétame sur le sol sablonneux. Sans pitié, je plonge à terre pour le finir en ground and pound, lui balance un steak dans la face, puis deux, puis trois, puis quatre…
[…] L’Underground c’est moi. »

 

Pendant tout son périple, l’auteur/narrateur se défonce en substances et en rencontres, au péril de vies qui lui sont chères. Le livre est organisé en 26 chapitres, tous retraçant le parcours dans la capitale française de notre héros sous héro avec sa sœur de cœur et de cul, Dina.

Flemme de lire ? Ils ont pensé à tout…

La date n’a pas encore été dévoilée, mais un documentaire très largement inspiré de Paname Underground est actuellement en tournage. En attendant la sortie de l’adaptation, voilà le teaser, c’est cadeau :

https://www.youtube.com/watch?v=j2C8-2LT0g4

 

Alors, escroquerie ou génie littéraire ? Renouveau de la littérature française ou réchauffé stylistique ? Pure fiction ou réalité macabre ? Vous en êtes maintenant les seuls juges, et votre avis vaut tout sauf prescription.

 

T’en veux plus ?

Son blog « Le Mec de l’underground » ; ses premiers bouquins Le Boss de Boulogne (2014) et Phi Prob (2015) aux éditions Don Quichotte ; une trace de sa plume dans 2017 : l’élection improbable (2016) et tout son talent dans P’tit Monstre (2017) aux éditions La Tengo.

 

Besos sucrés, Cégé.

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