Pentagon Papers : le maître Spielberg

Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham (Meryl Streep) s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee (Tom Hanks) pour dévoiler un scandale d’État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manœuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d’années, destinées à étouffer des affaires très sensibles. Au péril de leur carrière et de leur liberté, Kay et Ben vont devoir surmonter diverses épreuves pour révéler au grand jour des secrets longtemps enfouis.

Après s’être plongé avec brio dans la guerre de sécession avec Lincoln et la guerre froide avec Le Pont des espions, Steven Spielberg s’attelle ici à la guerre du Vietnam.
On se retrouve immergé au début des années 70, au cœur d’une rédaction basée à Washington et dirigée par une femme. Déjà plaisant tant cela semble invraisemblable pour l’époque. Au beau milieu de tous ces hommes, on sent qu’elle peine à s’affirmer et diriger ce journal, récemment hérité suite à la mort de son époux.

Le personnage magnifiquement interprété par un Tom Hanks plein d’assurance et de convictions va permettre au Washington Post de réellement faire bouger les choses.

Les fameux pentagon papers, un rapport secret sur la guerre du Vietnam, accablant pour le gouvernement leur tombe droit dans les mains, enfin sur leur bureau.

Tiraillée entre ses amitiés, sa place dans la haute société et ses valeurs morales, Katharine Graham va devoir faire face à un sacré dilemme pouvant les conduire avec son rédacteur en chef jusqu’en prison.

 

 

En pleine Amérique atteinte du cancer Trump et du virus Weinstein, qu’il est beau d’assister à une leçon de cinéma par le mythe Spielberg. Sans prétention aucune, avec une simplicité magistrale, il vient décortiquer et mettre en lumière cette affaire en faisant ainsi un réel hommage au cinéma et à la presse. Le processus d’impression étant magnifiquement montré tel une préparation au front, les mots devenant ainsi les munitions, la liberté de la presse et la vérité restant la plus grande arme contre un pouvoir abusif et défaillant. Le tout ordonné par une femme, Kay Graham affirmant ainsi son autorité, incarnée avec une grande douceur et beaucoup de justesse par le monument Meryl Streep.

Qu’il est doux de retrouver également au casting la brillante Sarah Paulson (American Crime Story) ainsi qu’Alison Brie (Mad Men), symboles de la prochaine génération d’actrices, découvertes dans de grandes séries télévisuelles.


Le maître d’Hollywood termine sur un hommage au mythique
Les Hommes du Président, film légendaire sur l’affaire du Watergate qui précipita la chute du président Nixon. Une grande classe, rappelant ainsi au passage les grands principes de la démocratie et le pouvoir de la presse. Tiens, comme une concordance avec le magnifique discours de dame Meryl aux Golden Globes 2017.

 

Marie

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