Rap Test : MC Solaar, OrelSan, Booba…

2017 s’éteint (déjà) à petit feu… Les artistes dégainent, à tour de rôle leur projet afin de profiter un maximum des ventes de fin d’année. Pensées Parisiennes vous propose un Rap Test des sorties urbaines de ces dernières semaines… Une chose est sûre : tout le monde en aura pour son compte !

 

 

OrelSan : album de la maturité

Six ans après le succès retentissant de l’album Le Chant des Sirènes, OrelSan annonce que La fête est finie. Verdict ? Pas en totalité. Si le projet s’ouvre sur San et se referme sur Notes pour plus tard, morceaux donnant la tonalité introspective du disque. On n’est ne peut pas dire que la fête soit terminée. Christophe, cocktail d’autodérision où Maître Gims s’incorpore correctement, Basique, single non-représentatif de l’ensemble de l’opus où les sonorités électroniques sont moins discrètes, montrent que OrelSan possèdent encore un sens du rythme. Dans Zone, RealSan se la joue comme Joke avec la présence assez risible de Dizzee Rascal. Néanmoins, la maturité est présente. Le rappeur réalise le bilan sur sa personne (Défaite de famille) ou sur sa célébrité (Quand est-ce que ça s’arrête). Dans la globalité, les fans de Aurélien, de son vrai nom, ne seront retrouveront donc pas dépaysés. Le grand public, aussi.

Kaaris : fidèle à sa réputation

Successeur de Okou Gnakouri qui remettra Kaaris en selle artistiquement et commercialement avec des titres comme Tchoin, Dozo joue dans la continuité, voire la simplicité. A l’écoute, nos oreilles se partagent entre morceaux afro-trap comme le veut la mode du moment et trap sévère comme K2A sait bien le faire. Dans ce second versant, RPG relève le niveau face à Menace ou encore Kebra, autocaricature de l’originaire de Sevran. Les chansons taillées pour les clubs se font rares mais possèdent leur place à l’image de Dairabi. Bref, Kaaris fait du Kaaris. Au demeurant sympathique, Dozo tourne vite en rond et confronte le rappeur face à ses limites.

Mc Solaar : tiercé gagnant

 

Mc Solaar est le parrain du rap français, incontestablement. Son absence d’une décennie nous a prouvé que son art a bien vieilli et que des Caroline, Bouge de là ou Inchallah font partis du patrimoine populaire. 48 ans pour MC Claude. Plus qu’un come-back, son retour amenait le questionnement suivant : comment un rappeur du premier âge peut-il rester pertinent en 2017 ? Réponse : à priori, oui. Dès la première seconde de Géopoétique, le pionnier du rap hexagonal met son héritage artistique au service de la modernité. De la variété à l’instar de titre éponyme au son urbain prononcé (Attrape-Nigaud, Mephisto Iblis ou Zommé des zombies). Intronisation et La venue du MC circonscrivent l’inspiration débordante de ce projet d’un homme n’ayant plus rien à prouver mais paradoxalement, tout à faire auprès d’une nouvelle génération.

Hamza : nouvel OVNI de la Belgique

Lorsque l’on se penche sur 1994 de Hamza, on ne sait pas si c’est un chanteur ou un rappeur qui prend le mike. Généralement, ce type d’interrogations aurait pu poser problème mais ici, non. L’ambiance nébuleuse et aérienne s’accommode à la voix trafiquée du bruxellois. Juste une minute côtoie un R&B bien romantique. Vibes, Life ou Destiny Child sont de loin les morceaux les plus efficaces du projet. L’inspiration outre-Atlantique est considérable. Si l’on pouvait laisser entrevoir des confusions avec Drake, Cash Time trancherait d’un avis irrévocable. En l’occurrence, ce jeune homme de 23 ans cultive un style bien à lui qu’il serait dommage de ne pas exploiter dans un futur proche.

Booba : un royaume peu bousculé

Les vingt ans de carrière pour celui qui se surnomme le DUC pointent à l’horizon. Si sa poésie rythmée et bourrée de métaphores fait figure de référence, quel artiste de la scène rap peut se targuer de rester pertinent à chaque époque ? Aucun, mis à part Booba. Chaque album a été le point d’arrêt confirmant toujours une nouvelle évolution, parfois avant-garde à l’image de Lunatic ou pile-poil dans son époque. C’est le cas de cette nouvelle livraison portant le nom de Trône. Le contrat est plutôt rempli mais sans grande surprise. On trouve à peu de choses près, toutes les recettes huilées de la scène actuelle à la sauce Booba. La prise de risque est minimale, seules Ridin, Nougat ou Petite fille écartent le DUC de sa zone de confort. Les productions sont très travaillées mais concernant le flow, on a connu plus percutant de la part de B20.

Lacrim : une mixtape comme il se doit

Le rappeur de 32 ans réalisait son retour en mars dernier avec son album Force & Honneur. Après une incarcération, le MC avait des choses à dire à coup de punchlines à la dent dure. Naturellement, R.I.P.R.O, troisième volet se veut comme une continuité. Karim Zenoud nous immerge dans son univers avec son phrasé énervé, rocailleux aux paroles inspirées, comme le titre RIO. En 2017, l’esprit de la mixtape s’est quelque peu dissipé. Néanmoins, Lacrim réussit l’exploit d’apporter une mixtape digne de ce nom tout en étant dans la modernité. Parmi les morceaux les plus réussis, on note Vory Z Zakone, verve urbaine et sombre et Veux-tu où Lacrim et Ninho se renvoient leur flow agilement.

Mos

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