Streaming & Rap : Relation tumultueuse

Disque d’or,  disque de platines, disques de diamant depuis quelques années le rap a posé son postérieur sur l’industrie musicale francophone. Et on va pas se le cacher l’essor du streaming y est pour beaucoup  au point même ou on peut se poser la question des modifications du processus créatif des rappeurs lié a ce nouveau moyen de distribution.

 

En effet il n’y a pas si longtemps le cycle de vie d’un album pouvait atteindre plusieurs années, la tracklist était minutieusement préparée pour durer, la communication rodée pour en faire un « classique » avec en point culminant la semaine planète rap où l’album était révélé pour la première fois au public puis la tournée était la pour présenter l’album à des fans surmotivés qui ont acheter l’album et le billet de concert et qui comptent bien en avoir pour leurs argent.

Aujourd’hui le cycle à été radicalement raccourci et il n’est pas rare de voir un artiste, à l’image d’un Jul sortir plusieurs projets par an. Ce qui peut poser la question de la qualité des projets présentés mais permet au rap de squatter les hauteurs des classements streaming.

 

 

Le rap en avance ?

Le rap s’est donc très vite adapté a ce nouveau mode de distribution, la ou d’autres genres comme le rock ou la techno sont à la ramasse sur les plateformes de streaming.

Les raisons sont multiples, la première est la cible commerciale jeune atteinte par les rappeurs, la jeune génération à accès depuis son smartphone à un répertoire musical illimité et s’émancipe rapidement des gouts musicaux de leurs parents. Cependant si pour les artistes, il est plus facile d’atteindre une cible, il est d’autant plus difficile de fidéliser une audience habitué à un accès musical illimité.

Ce constat posé, un jeune rappeur qui souhaite percer à le choix entre deux stratégies :

Balancer énormément de contenus afin d’être omniprésent sur la première page des plateformes de streaming quitte a balancer des morceaux pas forcément travaillés ou à manquer de diversité , ce qu’on peut par exemple reprocher à un jeune rappeur comme Moha la squale.

 

Où alors créer un univers qui lui permet de se différencier afin de créer une communauté fidèle prêt a attendre un projet plus longtemps c’est le cas d’un rappeur comme Joke dont le dernier projet date de 2014.

Aujourd’hui on a assez de recul pour savoir que la première stratégie est plus efficace et permet un succès rapide  qui a pour inconvénient d’être éphémère ou un artiste est rapidement remplacé par un autre dans le cœur des amateurs de rap.

 

Un système en question

Le streaming a donc très clairement déréglé le processus créatif mais ce n’est rien à coté du chamboulement qu’il a amené dans la distribution et la rémunération des artistes.

Depuis 2016 le streaming est donc pris en compte dans les ventes d’albums ce qui explique cette pluies de disques d’or qui s’abat sur le rap game. Les artistes sont également rémunérés au nombre d’écoute et il faut admettre que l’industrie streaming n’est pas forcement généreuse puisque en fonction des plateformes il faut environ 300 000 écoutes pour obtenir une rémunération qui atteigne le SMIC aux états unis (environ 0,005 $ /écoute)

Vous comprendrez qu’un artiste n’est plus valorisé par rapport à son nombre d’albums vendus mais par rapport au nombres de clics générés. Les artistes en manque de notoriété sont naturellement tentés d’acheter des écoutes sur des sites spécifiques afin de toucher un maximum de personne tout en maximisant leurs revenus.

 

Et maintenant ?

A une époque ou tout va très vite on peut déjà apercevoir les contours de ce que le streaming peut encore changer dans l’industrie, Spotify à annoncé sa volonté de rentrer en bourse. A ce titre elle va devoir apporter des garanties solides a ces éventuels investisseurs , alors qu’il existe des applications pirates permettant d’obtenir un compte premium  gratuitement Spotify a déjà taper du poing sur a table en suspendant plusieurs compte liés à ces applications. Ce qui présage rien de bon pour les adeptes de l’achat d’écoutes. De plus il va falloir se pencher sur la rémunération du aux artistes à l’heure ou le disque continue sa longue agonie.

On se dirige probablement vers un bras de fer entre ses deux acteurs de l’industrie musicale, ou les artistes cherchent a reprendre la main sur leur distrib digital, comme en témoigne l’expérience Tidal lancé par Jay-Z, quand les plateformes streaming vont chercher à maximiser encore plus leurs profits. En attendant l’émergence d’une nouvelle manière de consommer la musique.

 

Elies

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