TODASANA [PORTRAIT]

Todasana est un projet musical et audiovisuel né au Venezuela en 2012.

Construit à partir d’un travail de recherche sur les musiques traditionnelles des caraïbes, Todasana retrace les étapes de la complexité latinoaméricaine et pose des réflexions sur le passé et le futur de ses sonorités. Plus qu’un voyage, c’est une exploration sonore dans l’histoire de l’Amérique latine, entrelacée de rythmiques hypnotiques, un mélange de tropicalisme afro-cubain et de la soul noire des années 1970. C’est au croisement des expérimentations éléctro-analogiques que l’artiste créé un univers poétique, dressant un pont entre le rêve, le rituel, la chaleur, le spirituel et l’impalpable. Bien que partagé entre de nombreux genres, l’artiste se veut issu de la Dub, d’El tambor et principalement de la Cumbia. De Caracas à Medellín, de Quito à Buenos Aires, c’est parce que « le peuple s’approprie les rues au travers de la musique, que dans chaque café, chaque place, chaque maison, le mélange des genres parvient à la naissance de nouveaux univers sonores ». Et c’est à partir de cette exploration que le projet Todasana souhaite rendre hommage au « barrio », des « favelas », de « la villa » et de la rue. De son vrai nom Maximilian Papadia, vénézuélien de 34 ans installé à Paris et amoureux de la France, Todasana est avant tout un artiste au sens large, avec son identité propre. Au-delà d’un simple musicien que l’on parque dans la catégorie « latino-dansante », c’est un réel personnage aux multiples facettes et à l’imagination créative foisonnante. Todasana m’invite à le rencontrer au café des Pères Populaires, au croisement de la rue de Buzenval et des Grands Champs, dans le XXe arrondissement de Paris. Un quartier emblématique, son quartier. Un bar remplit de bric-à- brac et de mobilier dépareillés, aux couleurs de sa musique qu’il nous présente aujourd’hui.

INTERVIEW 

D’où viens-tu et quel est ton parcours?

Je viens du Venezuela, et j’ai fait les Beaux-Arts de Caracas. Mes projets artistiques…musicaux… tout est lié. J’ai par exemple envoyé récemment un projet pour rentrer en résidence d’artiste à la Villa Belleville. Je refuse la création d’objet « en plus ». Je cherche à créer des choses nouvelles mais immatérielles, de la musique, des performances. Je travaille avec le son comme matériaux, et à travers-lui, je voudrais initier les gens à la création.

 

Pourquoi le nom Todasana?

Todasana est une petite ville dans les Caraibes, sur les côtes au nord du Venezuela. Je suis allé faire un documentaire là-bas, c’est une ville qui explore le son des percussions d’influence africaines, ce qui guide ma musique.

 

Peux-tu nous présenter ce projet ?

Todasana existe depuis 2012 à peu près, avant je mixais sous le nom de Maxuno. Mais maintenant je crée ma propre musique. Quand je suis arrivé en France, j’ai voulu faire découvrir ce mélange de sons latino aux multiples influences, un mixe entre les rythmiques africaines, indiennes d’Amérique du sud et des éléments électroniques.

 

Quand on te voit sur scène on se rend compte que ton travail est le fruit de nombreux mélanges artistiques, est ce que c’est une constante dans tes performances ?

J’invite toujours des musiciens à jouer avec moi dans ma chambre de bonne pourrie. Je suis constamment dans la co-création, que ce soit musicale ou audiovisuelle. J’ai déja travaillé avec des vidéo-artistes qui projetaient leur création pendant que je jouais. Il n’y a pas de thématique, la création est free. Je fais mes graphismes moi-même ou en collaboration également.

 

En parlant de création, quelles sont tes influences premières ?

Les musiques traditionnelles de l’Amérique latine et la musique electronique expérimentale. Les labels sud-américain, le traditionel Discos fuentes (Colombie) , l’experimental Tiger Beat6 (Californie, Berlin) ou la cumbia de ZZK Records (Buenos Aires) sont divers entités auxquelles je m’identifie. Je pourrais citer tellement de groupes que je suis, Monslave y los Forajidos, Waykiki boys (éléctro-tropical ), Tutafé, Belmont Witch (post-punk) que j’adore. Si je devais conseiller un album à écouter aussi ce serai le dernier de Arca.

 

Little Belleville, le Cabaret Sauvage, la Bellevilloise.. En plus d’y résider, tu as musicalement élu domicile dans le quartier de Belleville?

Je suis tombé amoureux du quartier, j’y habite et y travaille. J’aime l’énergie, le vrai mélange qu’on y trouve, et justement je crée avec ce mélange, c’est l’exemple parfait de la complexité. Ce que j’aime à Paris, c’est qu’on peut travailler avec un percussionniste iranien, un bassiste russe, une chanteuse française… Et puis il y aussi selon moi tout cet esprit Punk dans la Cumbia ici, un peu underground. Je travaille avec mes potes, on organise nos soirées, on produit nos matériaux, nos albums, c’est un esprit très DIY (Do it Yourself). En fait on n’attend pas que ça nous tombe dessus, on provoque les choses. On a une liberté totale par rapport à la musique et ça fait trois ans que je vis de ça. La cumbia m’a donné mon ordi, ma maison… Mon studio c’est mon ordinateur, ce qui me donne une certaine mobilité.

Tu es très actif sur la scène live des salles parisiennes.. Quel est ton lieu de prédilection?

Ma salle de prédilection c’est la rue, l’extérieur. Le meilleur concert que j’ai pu faire a été celui organisé par le collectif Noise, qui m’avait invité l’été dernier à jouer au sommet des Buttes-Chaumont. Il se passe des choses musicalement intéressantes ici.

 

Le mot de la fin?

Il faut toujours expérimenter, le but c’est pas de divertir, de seulement faire danser les gens. Je pense que la musique doit être le reflet d’une recherche perpétuelle. La musique c’est un lieu pour se poser des questions et trouver des réponses. C’est comment décoloniser notre esprit, notre pensée et comment se sortir de ce système de composition propre.

 

 

Retrouvez Todasana tous les jeudi soir au Little Belleville, 92 rue rébéval 75019 PARIS 31 décembre 2017 Nouvel an 100% Cumbia au Cabaret Sauvage, 59 Boulevard Macdonald, 75019 Paris 19 Janvier 2018 Big Fiesta de cumbia à La Java, 105 Rue du Faubourg du Temple, 75010 Paris

Facebook https://www.facebook.com/vivatodasana/ Soundcloud https://soundcloud.com/todasana

Crédits photo:CECILIA ALMIRON LOLA CASAMITJANA

Estelle M.P

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