[INTERVIEW x Imane ] – La Vénus de Marseille

Dans la mythologie et l’imaginaire collectif, la symbolique de la Vénus a une connotation très forte. Associée à la beauté divine : celle qui fige, la grandeur, la divinité, la volupté… toutes ces choses d’apparence inaccessibles, à mille lieux de la fraîcheur, et la désinvolture de la jeune Imane. Et pourtant, c’est bel et bien ce symbole qu’elle a décidé d’adopter pour une partie de son pseudonyme.  Toujours est-il que ce choix trouve tout son sens, lorsqu’on rentre en contact avec sa musique, et que l’on saisit l’épaisseur de son univers artistique. Le point commun entre le personnage mythique et son art est alors irréfutable : ils ont le même caractère envoûtant.

A seulement 18 ans, cette jeune artiste cultive et pratique sa passion de la musique avec force et détermination. Cette soif de réussite l’aura même emmenée jusqu’à vos écrans de télévision, pour les adeptes des soirées télés le samedi, vous avez pu l’apercevoir dans la saison 6 de The Voice, aux côtés de son coach Mika. Rencontre avec ce talent prometteur.

 
1. Tout d’abord, pourquoi avoir choisi ce pseudonyme ? Venus. C’est en référence à la déesse, la planète, ou autre chose ?  

Alors je n’ai pas choisi ce surnom à vrai dire. Il est venu à moi. Tout part d’une session studio il y’a maintenant quelques années avec une des personnes les plus importantes de ma vie et qui m’a beaucoup influencé dans ma culture musicale urbaine : mon cousin FrenchP. Il est beatmaker, il fait principalement de la trap mais pas que… Du coup, il lance son instrumental, il faisait noir, l’ambiance dans sa petite chambre était tellement mystique, on avait quelques néons, on avait été très productifs ce soir. Et là je m’attaque à la dernière prod qu’il avait à me proposer, il n’en fallut pas plus pour qu’il me lance un «putain Imane, t’es vraiment sur Venus» ! En réalité mon pseudonyme c’est Venuseism : « le séisme qui secoue Venus ». Au fur et à mesure ont continué à m’appeler « Venus » pour mon côté bizarre peut-être, et ma façon excentrique d’aborder la musique et l’art en général.

 

 

2. Tu as été découverte dans la saison 6 de The Voice. Peux-tu parler un peu de cette expérience ? Qu’est ce qu’elle t’a apporté artistiquement parlant et personnellement ? Quels ont été les éléments qui t’ont agréablement surprise et, à contrario ceux qui t’ont refroidi ?  

Oui, The Voice est certainement l’une des plus belles expériences de ma vie si ce n’est la meilleure à mon jeune âge. Je n’aurai jamais pensé la faire, c’est des amis qui ont envoyés mes vidéos à la production et je ne pensais vraiment pas que c’était fait pour moi… L’expérience The Voice m’a tellement appris sur moi-même et convaincue du fait que je voulais faire de la musique mon quotidien. J’ai goûté à la notoriété, à l’opinion publique, au rythme de vie en accéléré, l’adrénaline et j’ai rencontré des personnes qui aujourd’hui comptent beaucoup pour moi. Ce qui m’a le plus surpris c’est certainement le côté « humain » de l’aventure, le fait de passer de l’autre côte dé l’écran et se rendre concrètement compte que les personnes de ce milieu sont tout à fait comme nous, et je ne m’attendais pas à m’attacher autant aux autres candidats. Il n’y a pas vraiment d’éléments qui m’ont refroidi…Je dirai juste qu’il a fallu que je fasse abstraction de l’opinion publique et du fait d’être confrontée à des millions de téléspectateurs (et leurs millions d’avis). Et peut-être aussi la frustration de ne pas avoir pu montrer toute ma personnalité artistique pendant l’aventure.

 

 

3. Ça tombe bien, venons-en à ton univers artistique. Lors de ta première audition à The Voice, tu as interprété une version personnalisé de Christine by Christine and the Queens, en y intégrant notamment des rythmiques tribales. On voit clairement que tes origines comoriennes influent sur ton art.  Si tu devais associer ton univers à celui d’un ou plusieurs artistes, lesquels seraient-ils ? Je trouve personnellement que tu es un mix entre Solange pour le côté lyrique et aérien et Christine and the queens pour la « théâtralisation » de tes performances. 

Oui à fond, j’ai fait un parti pris énorme en adaptant cette version de Christine And The Queens, j’en suis très fière car la production m’a donné l’occasion de ré-arranger le son, il est passé du studio dans ma chambre au plateau de The Voice, et ça c’était vraiment OUF. Je viens des Comores, et c’est vrai que la culture de mes parents a beaucoup influencé la personne que je suis aujourd’hui, notamment artistiquement parlant. Je suis super flattée pour le parallèle avec Solange Knowles que je kiffe, musicalement bien sûr mais visuellement parlant aussi. Je touche aussi beaucoup à l’aspect visuel et j’aime réaliser et diriger des projets dans ce domaine. J’ai d’ailleurs conçu et co-réalisé mon dernier clip. Il m’arrive de penser à quelques concepts à mettre en image. Merci aussi pour le parallèle avec Christine And The Queens que j’admire beaucoup pour son côté francophone/anglophone, sa carrière, ses influences, son image et ses featurings. Tout comme ces deux artistes je n’arriverai pas à définir mon univers qui est très certainement un dérivé de la Soul/Rn’b mais dans le futur j’aimerai montrer que je n’ai aucune limite, ni restriction linguistique, musicale ou artistique.

 

 

4. C’est sans doute difficile à deviner au premier abord, mais tu as seulement 18 ans. Tu chantes, écrit et parfois même produit certains de tes morceaux. La musique est-elle un choix de carrière à part entière ou reste-elle à ce stade une passion ?

Je pense que c’est grâce au fait que j’ai commencé mes premières scènes à l’âge de 13 ans, et vécu des expériences qui m’ont réellement fait grandir, tout cela grâce au soutien de mes parents sans qui je n’aurai pu rien faire. C’est difficile de répondre à cette question en étant catégorique. Disons que je fais tout pour atteindre mes buts et rêves artistiques mais que je garde en tête les études qui sont d’ailleurs reliées à l’Art. Mes parents m’ont toujours obligée à assurer à l’école pour que je bénéficie de leur soutien au niveau de mes projets musicaux. On verra bien de quoi l’avenir est fait mais idéalement, bien sûr, j’envisage une carrière artistique c’est déjà à demi le cas !

 

5. Dans ton premier clip officiel Camelblues, tu parles d’un fameux vendredi soir. C’est quoi pour toi un vendredi soir parfait ? 

Je pense que je vais m’auto citer ahaha « Il ne reste plus que toi et moi, on va pouvoir se retrouver tous les deux ». Et ça marche pour moi et mon histoire d’amour, celui qui écoute ma musique et son histoire d’amour, celui qui écoute ma musique et moi. C’est que du love, vendredi soir on s’aime, c’est ENFIN le week-end.

Sur ces mots réconfortants, on vous laisse découvrir la vidéo à laquelle on fait référence : une pépite visuelle et auditive qui vous fera (forcément) bouger la tête dans tous les sens.

 


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Eden Kuvula

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