Les Victoires de la Musique du passé

Demain soir, La Seine Musicale accueillera la 33e cérémonie des poussiéreuses Victoires de la musique. Dès la mise en ligne des nominés, les internautes à travers les réseaux sociaux s’insurgent. En l’occurrence, la catégorie « Musique Urbaine » qui néglige Booba ou encore Damso malgré un succès critique pour ce dernier. Assez rapidement, la légitimité de l’évènement est remise en question. Les Victoires de la Musique en 2018 ont-elles encore lieu d’être ?

 

Les Victoires, comment ça marche ?

Présentes depuis le milieu des années 80, les Victoires de la Musique procèdent de la manière suivante : tout d’abord, les chanteurs sont nominés par une pléiade de professionnels de l’industrie du disque. Cependant, d’autres artistes ou programmateurs de radios musicales sont invités à donner leurs avis depuis quelques années. Après la dénomination des catégories, le collège des votants désigne à la majorité un gagnant dans chaque classification. L’exposition médiatique de la cérémonie permet à de nombreux gagnants de valoriser leur œuvre mais pas seulement, une véritable reconnaissance artistique s’opère pour eux. A l’image des Grammy Awards, les lauréats voient leurs ventes d’albums grimper après la diffusion de l’événement.

 

 

 

Quand les réseaux s’emmêlent…

Début janvier, les noms sont lâchés : Orelsan, Bigflo & Oli, Soprano… A l’heure où le rap vit une véritable épopée commerciale et artistique, la 33e édition passe complétement à côté à du genre musical. Des artistes comme Damso sont totalement snobés. Il n’en a pas fallu davantage pour enflammer les réseaux sociaux. Les internautes ne comprennent pas et se révoltent sur le Web. En contre-attaque, le directeur général des Victoires, Gilles Désangles estime « regrettable » l’absence du rappeur de Bruxelles écarté pour des soucis « pratiques ». « Les Victoires expriment le désir des professionnels et non celui du public », précise-t-il au Figaro. Dès lors, on peut se poser la question sur le manque de modernité d’une cérémonie censée représenter l’intégralité du paysage musical en France.

 

Damso est le grand absent des Victoires, version 2018 / Source : Antoine Laurent

 

Les Victoires face aux évolutions culturelles

La méconnaissance des cultures urbaines fait progressivement du tort à la cérémonie qui n’est plus représentative des tendances musicales en France. Paradoxalement, la population est de plus en plus attirée par la musique rap. Si les ventes ne sont pas l’indicateur principal de l’événement musical, on s’interroge sur les nominations de Soprano ou Bigflo & Oli, grands vendeurs de disques l’an dernier. Lorsque l’on se revendique un minimum non-mainstream, le choix de rappeurs comme Hamza, Roméo Elvis aurait été plus légitime et ancré dans le temps. Il y a une espèce de décalage entre le public consommateur de musique urbaine et le collège des votants. Au fil du temps, ce constat pourrait s’aggraver et mettre dans l’embarras cet événement graduellement délaissé par le grand public ainsi que les fans d’underground. Comment peut-on mettre en place un événement musical de cette portée si on ne répond pas à l’audience musicale ? Telle est la question.

 

Mos

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