« When I see your face I wanna take so many drugs ! »

 

Lorsqu’on sort un album, on aime bien sortir un clip en même temps pour marquer le coup. Jimmy Whoo a carrément demandé au réalisateur Johnny Hardstaff de faire un court-métrage à partir de trois chansons de son album Motel Music Part. II, sorti en septembre dernier.

Cela donne neuf minutes d’adrénaline cinématographique, que la performance déchaînée de Théo Cholbi vient sublimer. « When I see your face I wanna take so many drugs ! » s’écrie-il, survolté à l’arrière d’une petite ford miteuse à la carrosserie dorée, accompagné par trois mecs ayant tout aussi l’air de looser, l’énergie en moins. Lorsqu’ils découvrent une sportive rutilante qui semble les appeler, moteur allumé, avec sa porte ouverte et son bruit caractéristique, le personnage de Théo Cholbi est le seul à oser y pénétrer. S’ensuit une virée nocturne au cœur de la ville de Benidorm en Espagne (qui pourrait très bien être une bourgade de la côte Ouest des USA). Sur le titre « Holywood », en featuring avec Sabrina Bellaouel, se développe une atmosphère qu’affectionne particulièrement Jimmy Whoo, peuplée de carrosseries qui brillent de flares et d’inconnus sous le clignotement des néons rouge d’une boîte. Théo est à la recherche (à la pêche, selon ses termes) d’une fille, ou plutôt d’un cul qu’il aimerait voir se poser sur le siège passager, se servant de sa voiture comme d’un hameçon, sans grande réussite.

 

        

 

La force de ce film est son montage très dynamique et ses volte-face, qui nous intriguent, nous perturbent, nous hallucinent. On est comme sous acide par moments, des flashs nous parviennent, en contrepoint d’une musique au BPM assez lent et régulier. Le visage et surtout les grands yeux félins de Théo Cholbi rendent tangible la frontière avec la démence. Son corps est filmé nerveusement, sans peur de la sueur, jusqu’à la possible métamorphose en femme, qu’un coup de scotch sur le rétroviseur parviendra à résorber. Là où Johnny Hardstaff frappe vraiment fort, c’est qu’il assimile le corps et la voiture dans sa manière de les filmer et dans le traitement subtil du son. Un étrange frottement qui vient renverser la position de prédateur du personnage vis-à-vis de proies féminines potentielles.

 

 

En bref, si vous ne connaissez pas Jimmy Whoo, ce court-métrage est une bonne occasion de rentrer dans son univers musical et visuel. Mais vous connaissez forcément si vous avez déjà un peu écouté Jazzy Bazz ou Bonnie Banane. Alors vous conviendrez que c’est un véritable délice qu’il nous offre.

 

Corentin

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